Politique

12 et 21 septembre: faire grandir l’opposition jusqu’au RETRAIT DES ORDONNANCES MACRON !

Partons des mobilisations syndicales des 12 et 21 septembre pour faire grandir l’opposition jusqu’au RETRAIT DES ORDONNANCES MACRON !

(PCF Paris 15 – sept. 2017)

L’an dernier, l’opinion publique s’est opposée massivement – à 80% selon les enquêtes – à la loi El-Khomry. Une large sympathie, s’est exprimée pour les manifestations pour son retrait.

Cette année, les ordonnances Macron vont beaucoup plus loin dans la casse du code du travail, au-delà de la question du temps de travail. Nous affirmons que la même opposition existe qu’en 2016 dans le pays.

Quel travailleur, quel jeune à la porte de l’emploi, va croire que faciliter les licenciements, c’est « bon contre le chômage » ?

Avec les ordonnances, un salarié pourra être licencié pour refus d’une modification du contrat de travail pourtant signé avec son patron. S’il licencie abusivement sans cause économique réelle et sérieuse, un patron ne pourra plus être condamné qu’à des indemnités minimes aux prud’hommes. Les multinationales pourront déplacer leur profit vers des filiales à l’étranger pour mieux licencier et délocaliser en France. Les petits patrons pourront imposer des bouleversements de l’organisation du travail, remettre en cause les primes, malgré les accords de branches et le code du travail. Ils pourront organiser des « référendums » internes, là où ils disposent de tous les moyens de pression. Ils pourront faire sans les syndicats. Le repreneur d’un sous-traitant pourra remettre à zéro les acquis concédés aux salariés par l’ancien prestataire. Etc.

Il y en a pour 159 pages de mesures techniques et vicieuses concoctées par le patronat et que le gouvernement veut imposer par

une guerre éclair de 6 semaines contre le monde du travail.

Ce coup de force doit ouvrir une nouvelle étape dans la « libéralisation », le retour à la loi de jungle, du marché du travail. L’étatisation programmée de l’assurance chômage va finir de décharger le patronat de sa responsabilité dans le chômage. Le transfert des cotisations chômage vers la CSG n’est pas seulement dur et injuste pour les retraités (1,7% de prélèvement !) mais profondément grave pour tous les travailleurs.

Les dégâts des mêmes politiques dans les pays voisins, coordonnées par l’UE, sont connus, de la Grèce à l’Allemagne (où la proportion de travailleurs pauvres atteint 22% contre 7% en France). Il s’agit d’écraser les salaires, de généraliser la précarité, d’accentuer la surexploitation. L’aide aux PME est un alibi. Les profits sont absorbés par les donneurs d’ordres et vont à leurs dividendes. En fait de lutte contre le chômage, il s’agit de dissoudre la définition de l’emploi (aussi avec l’extension des CDI de « mission », en fait des CDD sans prime de précarité).

Il n’en est que plus important de stopper net Macron maintenant.

Partant de l’expérience de l’an dernier, le mouvement social peut gagner en 2017.

En 2016, la mobilisation des travailleurs, avec les syndicats revendicatifs, a été forte. Elle s’est heurtée à la répression scandaleuse de Manuel Valls, détournant son « état d’urgence » contre les salariés.

La convergence n’a pas été totalement réussie avec les mouvements des cheminots et des fonctionnaires, pourtant confrontés au même moment à de très graves atteintes, eux aussi, contre leurs statuts.

Surtout, le mouvement s’est trouvé court-circuité par le début de la campagne des présidentielles, les calculs politiciens et la propagation de nouvelles illusions électorales.

Cette année, les suppôts de Macron prétendent que les ordonnances faisaient partie de son programme. Quel mépris décidément de la part de ce président! Les textes ont été tenus au secret jusqu’au 31 août. La « concertation » de l’été avec les syndicats s’est effectuée dans le vide.

En début de quinquennat, il est risqué pour Macron d’envoyer les forces de répression contre des manifestants.

Choisissant d’imposer d’entrée sa ligne antisociale, Macron a de nouveau attaqué les cheminots en menaçant leur régime « spécial », pourtant associé à leur mission de service public. Aux fonctionnaires, il a déjà inflige le gel des salaires et des recrutements ; aux jeunes, la baisse des APL ; aux retraités, la ponction de 1,7% de CSG au-dessus de 1200 euros par mois. Les conditions d’une construction d’une large convergence de luttes existent, aujourd’hui comme hier, sur les statut et le marché du travail. Elle est nécessaire pour tous.

Le capital et le patronat comptent sur le blocage de la perspective politique

pour faire passer leur plan historique de recul social. Avec leurs médias, ils ont réussi à faire élire Macron et à brouiller le jeu politicien. Logiquement, la cote de popularité de Macron redescend vite et reviens à son faible socle du 1er tour de la présidentielle : 24% des voix correspondant à ceux qui ont le moins intérêt au changement.

Macron ne bénéficie pas d’un soutien majoritaire pour sa casse du marché du travail. Mais il n’existe pas d’opposition du côté des institutions et des organisations politiques pour l’empêcher.

Le président dispose d’une majorité pléthorique de « fans »  à l’Assemblée, élue grâce à une abstention record. La présidentielle a laissé à l’extrême-droite et à la droite le terrain de l’opposition politique principale. L’extrême-droite, dangereusement renforcée, reprend déjà son discours mêlant démagogie sociale, nationalisme et haine anti-immigrés. L’élimination de Fillon a libéré un espace à une droite libérale-réactionnaire située entre Macron et Le Pen.

Ce n’est quand même pas le général de Villiers qui va être le champion de la lutte contre l’austérité en pleurant hypocritement sur les dépenses de surarmement (alors qu’encore 850 millions d’euros ont été détournés des budgets civils vers les opérations extérieures)

De l’autre côté, l’opération « En Marche » a phagocyté une grande partie du PS faisant passer pour « radicaux » des politiciens réformistes comme Hamon, fils spirituel du père de la CSG Rocard et ministre de Hollande, où Mélenchon qui – souvenons-nous – appelait à voter Hollande au 2ème tour de 2012 comme pour lui-même.

Le populisme, l’agitation de Mélenchon de ses « fans » ne doivent pas cacher l’absence de tout anticapitalisme et de lutte des classes – jusqu’aux mots – dans leur programme. Communistes, nous condamnons l’opération de JLM et FI, leur tentative de détournement politicien du mouvement social qui ne fait que renvoyer toute perspective de changement à 2022.

Le monde du travail ne peut pas se permettre d’attendre à nouveau 5 ans une prochaine duperie électorale, comme le conçoit le système. Il n’existe aucun début de majorité le week-end derrière un hypothétique sauveur et le « coup d’Etat social » de FI.

Mais un rapport de force existe pour mettre en échec, tout de suite, les mesures antisociales commandées par le patronat. C’est seulement dans la lutte, la grève qu’il peut et doit s’exprimer. Sur ce terrain, les diversions de droite et d’extrême-droite sont également disqualifiées.

Aussi, communistes, nous ferons tout pour développer la lutte, les actions, les grèves pour LE RETRAIT DES ORDONNANCES MACRON, à commencer par les manifestations initiées par la CGT les 12 et 21 septembre 2017.

Les jours et les semaines qui viennent doivent être utilisées pour démonter les ordonnances, expliquer comment la plupart des salariés risquent concrètement de les subir, à construire les convergences de lutte contre la remise en cause des statuts du travail.

Dans l’histoire récente, d’autres dirigeants politiciens, frais émoulus, péroraient  sûrs d’eux, « droits dans leurs bottes », après leur avènement. Le mouvement social peut envoyer à Macron et à ses ordonnances la même claque qu’à Juppé et à son plan en 1995, à Villepin et à son CPE en 2006.

Présidentielles : le capital a gagné sur toute la ligne. Un PCF sur le terrain des luttes pour organiser la riposte dès le 1er mai.

Communistes, nous avons toujours dénoncé l’élection du président de la République au suffrage universel direct. Avec elle, le système s’est doté d’un instrument idéologique redoutable pour contenir les quelques concessions démocratiques qu’il a dû laisser devant les luttes des travailleurs et du peuple, pour les détourner vers une acceptation de sa politique, une « servitude volontaire ». Avec le quinquennat, imposé sous la « gauche plurielle » en 2000 (Mélenchon compris), le système a subordonné, systématiquement tous les 5 ans, les élections législatives au vote pour un chef. Seule, l’existence d’un parti révolutionnaire de classe et de masse, le PCF, a historiquement permis de contrecarrer ce piège, d’offrir une alternative, du moins une forme de résistance aux travailleurs. Mais, et c’est une constatation fondamentale, même si elle se situe dans la suite logique des années précédentes, 2017 sanctionne la disparition complète du point de vue communiste organisé. Aux présidentielles 2017, le système fait un carton plein. Il a atteint ses trois cibles.

L’alternance droite/gauche, à bout de souffle, est dépassée

Premièrement, il est parvenu à dépasser son mode habituel de gouvernement politique, l’alternance droite/gauche pour mener, de façon complémentaire, successivement depuis 30 ans, la politique au service du capital. A bout de souffle, le système risquait de ne plus être opérationnel devant le niveau du mécontentement populaire et des luttes potentielles. Le système l’a remplacé en arrivant à introniser Macron comme une figure de renouvellement, alors qu’il est l’héritier direct du président sortant honni, qu’il est un valet direct du capital. Pour accentuer cette posture, Macron n’a pas hésité à s’attacher les soutiens de personnes allant de Robert Hue et Patrick Braouezec à Alain Madelin. Le scrutin présidentiel, personnifié, est décidément un terrain privilégié pour le matraquage idéologique, passé au marketing politique 2.0 (internet).

Le système a sacrifié un bouc émissaire, avec acharnement, son fidèle Fillon, postulant naturel à l’alternance. Logiquement, l’opinion publique s’est choquée davantage d’un costume à 13.000 euros que des dizaines de milliards d’euros de cadeaux au profit, accordés ou promis par Macron ou Fillon. Cette manipulation de la campagne a en outre permis d’abaisser comme jamais le niveau du débat politique dans le pays. Fillon, trop clair, trop cru, dans ses perspectives de casse sociale, risquait de raviver très vite les luttes ouvrières. La candidature confusionniste Macron semble plus à même de faire passer, en « douceur », la même politique. Egalement de faire de l’extrême-droite l’opposition privilégiée, plutôt que le mouvement social. On notera que le parti libéral-réactionnaire, Les Républicains, ne devrait pas couler avec son candidat. Contrairement au PS, voué à un éclatement.

Subissant les trahisons et la concurrence traduite par les sondages, le candidat de la gauche social-démocrate normale, pourtant « frondeur », Hamon, a endossé le sinistre bilan de Hollande à la place de Macron. La force de l’idéologie dominante est vraiment épatante !

Le système érige le FN en opposant principal aux politiques ultra-capitalistes

Deuxièmement, les tenants du système peuvent se réjouir que les conditions soient rassemblées, après ce vote, comme jamais, pour que l’extrême-droite représente et canalise l’opposition à la politique ultra-capitaliste de la présidence et de la majorité Macron à venir. Plus que jamais, le FN va servir de dérivatif, de repoussoir mais aussi de légitimation au prochain gouvernement, comme il l’a fait pour sa candidature. Macron et Le Pen sont les meilleurs ennemis. Macron a cultivé dans sa campagne, globalement creuse, les clivages avec le FN sur le multiculturalisme, l’immigration ou la Russie de Poutine. De son côté, Le Pen a habilement affiné sa démagogie sociale attrape-tout, ce qui la rapproche de la caractérisation du fascisme. Elle capte aisément, pour la déformer vers le nationalisme, l’opposition populaire à l’UE du capital, dont Macron est le chantre.

Les résultats du 23 avril montrent une perspective extrêmement inquiétante. Le FN paraît davantage en situation de dépasser son rôle de contrepoint et de faire valoir des politiques « ultralibérales » et pourrait devenir un recours pour le capital, devant l’aggravation de la crise et la nouvelle cure antisociale qu’annonce l’élection de Macron. Le Pen a obtenu un nombre jamais atteint de voix, 7,7 millions. Son influence électorale s’est socialement et géographiquement homogénéisée, mis à part les banlieues à forte population d’origine émigrée et les centres-villes. Le scrutin a montré que la droite extrême dispose de réserves, pas pour gagner le 7 mai, mais pour la suite. Pensons, sans tirer systématiquement de trait d’égalité, à une partie de l’électorat ultraréactionnaire qu’a courtisé Fillon et qui a, ces dernières années, montré ses capacités à tenir la rue. Pensons au vote pour Dupont-Aignan qui masque à peine son ambition de devenir premier ministre d’ouverture d’une présidente Le Pen.

Une recomposition de la gauche accélérée afin de faire taire la contestation de classe

Mais ce qui est aussi inquiétant, face à Macron et à ces sombres perspectives, c’est la recomposition de la gauche que la présidentielle accélère. Avec l’avènement de Macron, l’éclatement du PS se précipite. Fondamentalement et historiquement, comme dans d’autres pays, la social-démocratie a perdu l’essentiel de sa raison d’être, celle de gérer le « grain à moudre » pour faire rempart aux partis révolutionnaires et au camp socialiste. Il faudra approfondir cette analyse plutôt que constater le soi-disant « double échec « du « socialisme réel » et de la social-démocratie.

Une grande partie des notables du PS devrait rejoindre Macron et achever sa mue « libérale ». Et le reste ? Les contours de la recomposition politique à gauche sont encore imprécis. Mais ce qui se dessine constitue la troisième réussite du système à ces élections.

Ce qui va passer pour la « gauche », voire la « gauche de la gauche », sera dominé par le réformisme, des transfuges socio-démocrates (Hamon et cie, Mélenchon ex-PS), des représentants des lobbys sociétaux inscrits dans le fonctionnement idéologique du système, avec une place renforcée pour le populisme incarné par Mélenchon. On penche plus vers l’exemple Tsipras, Iglesias ou même Beppe Grillo (dont les représentants devisaient à Rome avec Mélenchon du « plan B ») que vers Corbyn (qui n’est pas pourtant exactement ma tasse de thé).

Je fais partie des camarades qui n’ont pas donné de consigne de vote pour le 1er tour. C’est-à-dire notamment que je n’ai ni appelé à voter Mélenchon, ni spécialement appelé à ne pas voter pour lui. Mais, puisque Pierre Laurent et la direction de notre parti se sont rangés derrière sa candidature, puis qu’une partie de la réaction l’a abusivement qualifié de « communiste » (un compliment pour lui, une injure pour nous !), nous avons fait notre possible, en continuant à militer pendant la campagne, pour éviter tout amalgame entre Mélenchon et, nous, communistes.

De nombreux électeurs et camarades ont voté Mélenchon, par défaut, sans illusion sur le personnage, mais pour voter le plus utile « à gauche » parmi tous ces mauvais choix. Depuis le départ, ça ne pose aucun problème. Après la désignation de Hamon (différent mais pas moins « à gauche » que Mélenchon), il y avait le choix, sans parler des candidats gauchistes. Face à la candidature sabotée de Hamon, Mélenchon a gagné la 3ème primaire, celle des sondages qui en ont fait le vote le plus « utile ». Mais de fait, fort de ses 19%, Mélenchon sort très renforcé dans la recomposition à venir de la gauche.

La personnification de la politique, le dédain des partis, le populisme pratiqué par Mélenchon sont à l’opposé de nos conceptions. Son programme économique et social est tout sauf anticapitaliste. Les mots même « capitalisme » et « lutte des classes » sont absents de son programme. La FI (« France insoumise ») propose, sous les oracles de Keynes et Roosevelt, de revenir à une forme ancienne du capitalisme monopoliste d’Etat, national, avec injonction dirigiste de milliards d’euros dans l’économie capitaliste. Philippot est sur la même longueur. Le protectionnisme, c’est une politique capitaliste, à l’opposé de la réponse aux besoins dans le pays. Sur les revendications sociales et les mesures concrètes, Mélenchon est au plus bas (SMIC, retraites etc.) et va même jusqu’à promouvoir la fusion CSG/impôt sur le revenu, machine à détruire le financement de la Sécurité sociale. Sur l’UE, la position du Maastrichien est fourbe, laissant envisager que l’UE du capital serait réformable, renvoyant aux calendes grecques toute rupture (« plan B »). Sur la paix, Mélenchon condamne l’OTAN mais pas le surarmement français, comme il a applaudi Sarkozy pour la destruction de la Libye. J’en passe, notamment sur les envolées nationalistes et le changement de couleur, du rouge au bleu, depuis 2012.

Mais le plus dangereux chez Mélenchon, c’est la perspective de rupture politique qu’il met en avant. Avec la « 6ème république », il la place sur le terrain des institutions, de la superstructure, de l’amendement de la démocratie bourgeoise et non sur la lutte des classes. Il la place en terme de renversement de régime allant jusqu’à se revendiquer de De Gaulle et du 13 mai 1958. Cette perspective et son populisme nourrissent le terrain où pousse le plus facilement la mauvaise herbe d’extrême-droite. Et c’est très grave.

Mélenchon et sa « France insoumise » ne peuvent pas être le centre de gravité d’une gauche de résistance et de reconquête. Notre priorité doit être la reconstruction du PCF.

Le système peut se réjouir d’une quatrième victoire, dont il n’est pas directement responsable : la disparition totale du PCF et du point de vue communiste organisé. Ses causes ne remontent pas à la décision de ne pas présenter de candidat. Si la direction du PCF n’a pas présenté de candidats, c’est parce qu’elle a abandonné tant de positions communistes et adopté des positions réformistes qu’elle ne peut pas assumer dans une élection nationale, sous peine de dépasser, par le bas, le score de Marie-George Buffet en 2007. Souvenons-nous du congrès bâclé de 2016 et de la base de discussion vide de sens et illisible !

Depuis 6 mois, les choix et les revirements de la direction du Parti sont suicidaires. Même si c’était dans une logique tactique et électoraliste, elle commençait à se rendre compte que l’opération Front de Gauche et l’intronisation de Mélenchon qu’elle a favorisée se retournent contre le PCF. Des critiques évidentes à l’encontre de Mélenchon, qu’à quelques-uns nous propagions dès 2008 et 2011, commençaient à être reprises. Et puis fin novembre, revirement et alignement lancé par Pierre Laurent par voie de presse sur Mélenchon. Sur la base de prédictions avérées de bon résultat de Mélenchon, de prédictions démenties de victoire de Valls aux primaires ? D’autres, en « opposition », se prononçaient pour une candidature « provisoire » anticipant un ralliement possible au candidat PS… Après la désignation de Hamon et les flottements dans les sondages, la direction du PCF endosse une nouvelle raison d’être : entremetteur entre les courants Hamon et Mélenchon de la social-démocratie ! Avant, vu les sondages, un alignement complet sur Mélenchon malgré le mépris hautain affiché par ce dernier pour les communistes et leurs candidats. Beaucoup de communistes vivent cela comme une humiliation.

Comme beaucoup de camarades, de « tendances » pas nécessairement identiques, nous avons tenu le terrain localement pendant la campagne, préservé quelque chose. Mais cela ne durera pas indéfiniment, si cette direction continue à plier sous les sondages et l’idéologie dominante.

Je respecte pleinement les dirigeants du Parti qui ont défendu, face à l’alignement sur Mélenchon, un point de vue « identitaire », très différent du mien, se référant aux orientations du PCF et du PGE et les assume. Mais je ne crois pas que les positions, que je ne partage pas, proposant la réorientation de l’UE et de  la BCE, qui font passer le Maastrichien Mélenchon pour plus anti-UE que nous, proposant la modulation des cotisations patronales, proposant de tirer le revenu universel de Hamon avec une incompréhensible « sécurité emploi formation » défendent le Parti et sa raison d’être révolutionnaire.

Sans exagérer, l’heure et grave pour le pays et l’heure est grave pour le PCF, les deux allant, pour moi, ensemble.

Dans l’immédiat, pour le 2nd tour, en cohérence avec l’analyse ci-dessus, je pense que le Parti ne doit pas donner de consigne de vote. Cela ne veut pas dire appeler à ne pas voter Macron et condamner ceux qui pensent que c’est un moyen de faire barrage à l’extrême-droite. Le désaccord n’est pas sur le fond avec eux et l’on ne va pas se disputer. Mais ma réflexion m’amène à penser que l’extrême-droite et Macron sont objectivement complices et que le capital version Macron est plus près que jamais d’enfanter une forme de fascisme. Il est en tout cas inadmissible que Pierre Laurent ait court-circuité le débat du parti et du CN.

Pour les législatives, je formule un vœu pieux : que le PCF adopte le principe (souffrant peu d’exceptions) de présenter des candidatures de rassemblement dans toutes les circonscriptions, d’entamer ou de poursuivre l’action militante, de se dégager de toute négociation, de ne rien quémander, sous la pression des résultats de la présidentielles, pour des candidatures uniques de « gauche » préfigurant la recomposition politique à dominante réformiste. A ce moment : le Parti d’abord ! Aussi pour le rassemblement de ceux qui nous intéressent le plus : l’avant-garde de la classe ouvrière.

Pour le fond, à terme, je renvoie aux analyses de la motion alternative que j’ai signée pour le congrès : « Reconstruisons le Parti de classe. Priorité au rassemblement dans les luttes ».

Une date immédiate s’impose : le 1er mai ! Tout va être fait pour détourner les manifestations traditionnelles du mouvement ouvrier vers un appui, politique et même syndical, au prochain gérant loyal du capitalisme français. Il est plus important que jamais que nous nous investissions toutes nos forces pour en faire le début de la riposte à l’ultracapitalisme de Macron et à l’extrême-droite, recours du système.  

EDT pour vivelepcf, 26 avril 2017

 

Appel à signer : Présidentielles : Communistes, pourquoi nous ne donnons pas de consigne de vote pour le 2nd tour.

 

Présidentielles : Communistes, pourquoi nous ne donnons pas de consigne de vote pour le 2nd tour.

Lien pour signer en ligne

Présidentielles : Communistes, pourquoi nous ne donnons pas de consigne de vote pour le 2nd tour.

Dès le soir du 1er tour, sur les plateaux de télévision, Pierre Laurent a annoncé que le PCF appellerait à voter pour Macron au 2nd tour des présidentielles pour « battre Le Pen ». Cette prise de position unilatérale, sans consultation des camarades, court-circuitant le Conseil national, censé être la direction du Parti, est irrecevable. Elle ne coule pas de source. Le CN se réunira mercredi 26 avril. Nous demandons à ses membres de reconsidérer la position de Pierre Laurent.

Communistes, nous faisons, tous, depuis toujours, partie des adversaires les plus résolus de l’extrême-droite. Nous ferons tout pour l’empêcher d’accéder au pouvoir. Cela signifie, comme notre théorie et l’histoire nous l’ont enseigné, tout faire aussi pour combattre le capitalisme, tenté d’avoir recours au fascisme devant l’aggravation de sa crise.

Nous laissons chaque camarade, chaque électeur opposé au FN, juger, en son âme et conscience, de l’imminence d’un risque d’élection de Le Pen. Nous respecterons chaque décision.

Pour notre part, nous analysons, avec gravité, le risque, non d’une élection de Le Pen le 7 mai, mais d’une nouvelle montée de l’extrême-droite dans son ensemble d’ici 2022 et dès les prochains mois.

Nous estimons que le PCF ne doit pas se ranger, de quelque façon, derrière le nouveau représentant des pyromanes, Macron, pour combattre l’incendie.

La présidentielle a montré la décision des capitalistes français, via les médias de idéologie dominante, de dépasser l’alternance droite/ « gauche », qui servait depuis 30 ans à poursuivre la politique à leur service. Après 5 ans de Sarkozy et 5 ans de Hollande, le modèle risquait de ne plus tenir face à la colère populaire. Ils ont donc poussé une candidature confusionniste, Macron, « ni droite, ni gauche » qu’ils ont réussi à exonérer du bilan de quinquennat Hollande auquel il était pourtant totalement lié.

La posture anti-FN est un élément essentiel de la légitimation aujourd’hui de la candidature Macron, demain de la politique ultracapitaliste de sa présidence et de son gouvernement.

Il cultive des clivages privilégiés avec Le Pen, notamment sur le multiculturalisme, l’immigration, la Russie etc. (et réciproquement). Avec l’élection de Macron, le système érige plus que jamais le FN comme principale opposition, canalisant vers le pire la contestation que sa politique et la crise du capitalisme ne manqueront pas de susciter. C’est hautement dangereux pour les travailleurs et le pays. D’autant plus que la campagne a montré que le FN a affiné sa démagogie sociale, ce qui le rapproche encore d’un parti fasciste et qu’il passe aisément pour le plus opposé à l’UE du capital qui est la référence centrale de Macron.

Le FN a obtenu un nombre de voix jamais atteint, 7,7 millions. Les élections ont montré qu’il disposait encore de réserves, notamment face à Macron. Il en a parmi la droite ultraréactionnaire qu’a tenté d’attirer Fillon après son lynchage médiatique ou parmi les 4,7% de Dupont-Aignan tout près à tendre la main à Le Pen.

Mélenchon, issu de la social-démocratie traditionnelle, a choisi d’axer sa campagne sur sa personne, sur le rejet des partis, sur un populisme assumé (« qu’ils dégagent !»). Il fixe comme perspective politique un renversement de régime. Sur ces terrains, l’extrême-droite, là aussi l’histoire nous l’a montré, est la plus à l’aise.

Nous appelons le CN, tous les camarades à se donner le temps pour approfondir la réflexion collective du Parti sur ces questions très graves de la montée et des formes nouvelles de l’extrême-droite. Cette analyse ne peut pas être court-circuitée par un alignement, maintenant (pour quelles motivations ?) sur la candidature Macron au 2nd tour. Ce choix peut peser très lourd, se retourner contre le mouvement populaire et notre Parti pendant 5 ans. Mesurons déjà les effets du ralliement dès 20h05 le soir du premier tour de 2012, « sans conditions, comme s’il s’agissait de voter pour lui-même », de Mélenchon sur Hollande.

Nous ne sommes plus dans les conditions de 2002. Alors, on pouvait encore espérer montrer la marginalité relative de Le Pen et le tenir à l’écart. Et puis Chirac était clairement le représentant de la droite « républicaine », sans confusion possible avec la gauche.

La bataille contre l’extrême droite sera indissociable de la bataille contre la politique de Macron. Elle passera par l’élévation de la lutte des classes qui devrait être, aujourd’hui comme toujours, la raison d’être de notre parti.

Voilà les raisons pour lesquelles, militants, dirigeants d’organisations du PCF, nous ne donnons pas de consigne de vote pour le 2nd tour des présidentielles.

Le 1er mai, pas question de défiler tout en appelant à voter Macron ! Préparons un 1er mai d’ampleur afin d’élever le rapport de force et de préparer les travailleurs à la riposte dès les premières attaques de Macron !

Contacts pour s’associer à cette déclaration (ou signer en ligne, ci-dessous) :

-          Corinne Bécourt, PCF Saint-Quentin, corinnebecourt@hotmail.fr

-          Emmanuel Dang Tran, PCF Paris 15ème, membre du CN du PCF, emmanuel.dang-tran@orange.fr

-          « Cahiers communistes », cahierscommunistes@orange.fr

Je signe :

Présidentielles : Communistes, pourquoi nous ne donnons pas de consigne de vote pour le 2nd tour.

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146alain goullon Vitry Sur Seine avr 28, 2017
145marie-france CHINAULTEYRAGUESavr 28, 2017
144Rogger MercadoRouenavr 28, 2017
143jean.claude davinavr 28, 2017
142alain van gindertaelniortavr 28, 2017
141Aline Rondeauavr 28, 2017
140louis tardychambost Longessaigneavr 28, 2017
139Pierre GassannéParis 15èmeavr 28, 2017
138Alain SimiandLe Pont De Claixavr 28, 2017
137Rolf SchuemerBédoinavr 28, 2017
136François Olivierbalbignyavr 28, 2017
135Lola FerrierSeptemes les Vallonsavr 28, 2017
134Marie FrassinCastresavr 27, 2017
133Mireille Mercuriali Narbonne -plageavr 27, 2017
132Claude Mercuriali Narbonne-plageavr 27, 2017
131gerard GAUTIERgranvilleavr 27, 2017
130PIERRE CAUMONT65390 ANDRESTavr 27, 2017
129bernard PotriquetRUE 80120avr 27, 2017
128Claude CHAMEKPARISavr 27, 2017
127jean-claude bernatetssaint aubinavr 27, 2017
126jamel KOURIromans sur isèreavr 27, 2017
125Mounir Zamouri Plaisir avr 27, 2017
124Arnaud PierretParisavr 27, 2017
123Jean-Claude WasterlainFeigniesavr 27, 2017
122Laurent RichardFontaineavr 27, 2017
121Mathilde Rabutavr 27, 2017
120Ghislaine COTTREAUCOUDEKERQUE BRANCHEavr 27, 2017
119Aurélien PerrotTrappesavr 27, 2017
118Cemil Kaygisiz Parisavr 27, 2017
117Jules BordesMarseille avr 27, 2017
116Jean Jacques GabertGauchyavr 27, 2017
115Michéle GabertGauchyavr 27, 2017
114Alan-Eduardo GomezParis 15avr 27, 2017
113Alain PEXOTOHAM SOUS VARSBERGavr 27, 2017
112Evelyne JOSEPHChampigny sur Marneavr 27, 2017
111Paule SémécurbeParisavr 27, 2017
110Matthieu Bolle-Reddat Paris15avr 27, 2017
109evelyne Richard-BrasseurChalons en Champagneavr 27, 2017
108Virginie StéveninParis 15avr 27, 2017
107Richard MorettoSautel (09)avr 27, 2017
106Nicole SOLETParis 15avr 27, 2017
105François RoquinSaint-Martin-d'Hèresavr 27, 2017
104Hélène VialletonSaint-Etienneavr 27, 2017
103Julien VILLAINClichy-la-Garenneavr 27, 2017
102paul RIOGUERIGNYavr 27, 2017
101Nadine Jager75015 Parisavr 27, 2017
100Justine Proust92 - Montrougeavr 26, 2017
99Pierre DarghamParis 15avr 26, 2017
98Christiane OdettiLavauravr 26, 2017
97Laurent Richard38 - Terres Froidesavr 26, 2017
96Albert BarréParis 15avr 26, 2017
95Jean-Jacques SUZANNEOrlyavr 26, 2017
94Odette Nicolasla seyneavr 26, 2017
93Malvina LalanneMarseilleavr 26, 2017
92ELIANE ROUTIERnoisy le secavr 26, 2017
91yannick LouesdonLanesteravr 26, 2017
90Reynald FricaudThairéavr 26, 2017
89ghyslaine gastaldinlimogesavr 26, 2017
88Michel PERRINlimogesavr 26, 2017
87Pierre YaghlekdjianParis 15emeavr 26, 2017
86Pierre-Yves CAUDAL VANNESavr 26, 2017
85paul fourchardParisavr 26, 2017
84Jérémie OZOGGrasseavr 25, 2017
83Angelo PrizziSt Martin d'Heres avr 25, 2017
82Damien Del CerroMarseille avr 25, 2017
81Etienne LecoffreLyonavr 25, 2017
80Etienne LECOFFRELyonavr 25, 2017
79Fabien MarionAix en Provenceavr 25, 2017
78Alain LeydierSaint Etienneavr 25, 2017
77Bernadette leydierSaint Etienneavr 25, 2017
76Jacky BOURBON33230 Coutrasavr 25, 2017
75annie ardoinola seyne sur meravr 25, 2017
74Sebastien EudelineMartainvilleavr 25, 2017
73Pierre KRIEGERStrasbourgavr 25, 2017
72clément reverchonlyonavr 25, 2017
71michel sabatierVerfeilavr 25, 2017
70Amine Mokaddem Lyonavr 25, 2017
69Nicolas Perrin Amiens avr 25, 2017
68Cyril MORLOTVESOULavr 25, 2017
67mathias charpentierlyonavr 25, 2017
66matthieu renaultparisavr 25, 2017
65Gaspard BouhallierLyonavr 25, 2017
64J Philippe CatteauSaint Quentinavr 25, 2017
63Marc BERNYViry-Chatillonavr 25, 2017
62Michel GaglianoSt Etienneavr 25, 2017
61serge casierSAINT QUENTINavr 25, 2017
60Marius CarbucciaMarseilleavr 25, 2017
59Maximilien Allouche avr 25, 2017
58CARRIER SERGEHARLY -AISNEavr 25, 2017
57Yohann PudelkoValentonavr 25, 2017
56Marie LeclercEtainavr 25, 2017
55roger pinetbriareavr 25, 2017
54Roger VesteGuidel plageavr 25, 2017
53jhonny denimalSaint-Quentinavr 25, 2017
52Larguier StéphaneRive de Gieravr 25, 2017
51Josette GawsewitchParis 15èmeavr 25, 2017
50Benjamin LandaisAvignonavr 25, 2017
49Danielles RallièresTarn - Bastidesavr 25, 2017
48Yves RallièresTarn - Bastidesavr 25, 2017
47Laurent Richard38 - Terres Froidesavr 25, 2017
46Yann CherruaultParis 15avr 25, 2017
45Guy Manin38 - Terres Froidesavr 25, 2017
44Claude Ravel38 - Terres Froidesavr 25, 2017
43Jacqueline Dang TranRennesavr 25, 2017
42Jean Claude PatéQuettehouavr 25, 2017
41Arno VettoriLyonavr 25, 2017
40Caroline WaveletChartresavr 25, 2017
39Audric PalmieriAix-en-Provence avr 25, 2017
38Jean-Pierre guyonCONCARNEAUavr 25, 2017
37JANDO LOZIER01000avr 25, 2017
36Antoine BimbeauParisavr 25, 2017
35Danièle JEAMMETMarseilleavr 25, 2017
34Franck MOUSSETSaint Quentinavr 25, 2017
33Natacha FerigouleLyonavr 25, 2017
32Monique Chatain83320 Carqueiranneavr 25, 2017
31christian LEBLANCMARSEILLEavr 25, 2017
30Simon PoudrouxSaint Etienneavr 25, 2017
29Jean-Philippe CatteauSaint-Quentinavr 25, 2017
28marie-france kahnsaint-quentinavr 25, 2017
27Aurore CHAMOIRELyonavr 25, 2017
26michèle galianoSaint-Etienneavr 25, 2017
25victor galantelyon avr 25, 2017
24Jean Luc TournaySaint-Qientin 02avr 25, 2017
23Benjamin RabbiaMarseilleavr 25, 2017
22franck CLETSaint Martin d'Heresavr 25, 2017
21Mary ICARD LYON avr 25, 2017
20Flore NetterLyonavr 25, 2017
19didier tassinsaint quentin avr 25, 2017
18Aurélien JanSaint Quentin avr 25, 2017
17David BucciPont de claixavr 25, 2017
16Raphaël Da SilvaLyonavr 25, 2017
15Nicolas KIEFFERSaint-Étienneavr 25, 2017
14christine cormontlaonavr 25, 2017
13Ekin TEKParisavr 25, 2017
12Lola Romieux Strasbourg avr 25, 2017
11Andrea BenedettiStrasbourgavr 25, 2017
10Esteban RojasStrasbourgavr 25, 2017
9Marc KhenougMiramasavr 25, 2017
8Emmanuel Dang Tranavr 25, 2017
7Diana KDOUH St Martin d'Hèresavr 25, 2017
6Jean Michel GalloMarseilleavr 25, 2017
5Marie-Claude BrusselleGrenobleavr 25, 2017
4nizar baraketFontaineavr 25, 2017
3Alexandre BlanchetChalon-sur-Saôneavr 25, 2017
2FRANCIS GUEZOUBernesavr 25, 2017
1Corinne BECOURTSaint-Quentinavr 25, 2017

Le revenu universel de Benoît Hamon : une attaque déguisée contre la sécurité sociale

Présenté comme un marqueur de gauche, le revenu universel de Benoît Hamon constitue un véritable cheval de Troie de la remise en cause de la sécurité sociale et de l’ensemble du système de protection sociale.

Le revenu universel suppose de verser tous les mois à chaque citoyen un revenu d’un montant identique sans contrepartie et sans conditions de ressources. Cette mesure s’oppose donc à la logique des minimas sociaux qui  dépendent en France des difficultés et des besoins particuliers de chacun.

Cette proposition, aussi bien défendue à gauche qu’à droite (comme Nathalie Kosciusko-Morizet ou Christine Boutin), est aujourd’hui largement associée à Benoît Hamon qui en a fait la mesure phare de son programme. Pour « éradiquer la grande précarité », il propose d’instaurer un revenu universel en trois étapes. Dans un premier temps, il s’agit de verser automatiquement le RSA, revalorisé à 600 euros (+10%), à tous les ayant-droits ainsi qu’aux jeunes de 18-25 ans. Dans un deuxième temps, ce revenu universel sera versé à toute la population. Enfin, dans un troisième temps, il s’agit d’organiser une « grande conférence citoyenne » pour préciser les conditions de mise en œuvre du revenu universel, notamment son financement et son montant – tout en annonçant l’ambition de le porter à 750 euros.

En l’état, le revenu universel constitue un double piège pour les salariés et les citoyens. Pour s’en rendre compte, il suffit de se poser la question de son financement.

Le revenu universel : un moyen de réduire les minimas sociaux

Pour un revenu universel de 600 euros, cette mesure coûterait environ 360 milliards par an (600 x 12 x 50 millions) et il est certain que les financements des minimas sociaux en France seront fusionnés et affectés à cette nouvelle mesure. C’est là le premier piège du revenu universel car, en plus d’être inférieur au seuil de pauvreté (960 euros par mois), la somme prévue (600 euros) se révèle inférieure à ce qu’une personne en situation de précarité pourrait prétendre avec le système actuel de protection sociale. Neuf types de prestations sociales répondent aujourd’hui aux situations de précarité, comme le minimum vieillesse ou l’allocation adulte handicapés qui prévoient toutes les deux une allocation maximale de 800 euros. Par ailleurs, certaines de ces aides sociales peuvent être cumulées avec les prestations sociales, de telle sorte qu’en région parisienne un bénéficiaire du RSA et de l’APL peut prétendre parfois à une allocation supérieure. Derrière ses dehors progressistes, le revenu universel est en réalité une mesure destinée à réduire les minimas sociaux.

Le revenu universel : un moyen de casser la sécurité sociale

Par ailleurs, même en mobilisant l’ensemble des financements réservés aux minimas sociaux (24 milliards d’euros en 2015), on est encore loin du compte. Et ce hic du financement du revenu universel ne fait que s’aggraver dès lors qu’on prévoit, comme Benoit Hamon, d’en porter le montant à 750 euros – il en coûterait alors 450 milliards d’euros. Pour financer sa mesure, Benoît Hamon prévoit de nouvelles recettes issues essentiellement de la lutte contre l’évasion fiscale ou la taxation des robots… Cela serait largement insuffisant et ne peut pas être pris au sérieux de la part d’un ancien ministre socialiste d’un gouvernement champion des cadeaux aux entreprises et aux plus riches. A l’inverse, il paraît évident qu’il lui faudra mobiliser une large partie du budget de la Sécurité sociale (450 milliards). Une éventualité qui correspond d’ailleurs au projet de la fondation Jean Jaurès, dont s’inspire Benoit Hamon, qui prévoit que le revenu universel se substitue aux dépenses d’assurance vieillesse (les retraites) et celles d’assurance maladie (sauf pour les affections de longue durée… ce qui rejoint la proposition de François Fillon). Voilà le deuxième piège du revenu universel : sa mise en œuvre implique nécessairement la fin de notre système actuel de Sécurité sociale, reposant  sur les cotisations et la solidarité entre salariés.

Que le revenu universel séduise autant la gauche social-démocrate que la droite ne doit rien au hasard. Comme le projet de fusion de l’impôt sur le revenu et de la CSG, défendu – sans faire trop de bruits – par la quasi-totalité des candidats à la présidentielle, cet alignement nous pousse, plus que jamais, à faire monter le rapport de force pour la défense de la sécurité sociale et faire barrage à sa casse programmée.

 

MR pour PCF Paris 15, février 2017