Luttes

Tract général manif interpro du 9 oct. « Pour mettre en échec la politique du capital aggravée par Macron, une seule voie: Faire converger les colères vers des luttes précises et rassembleuses »

Tract général diffusé depuis la manifestation interprofessionnelle du 9 octobre 2018, origine PCF Paris 15

 

Il paraît que Macron est en difficulté. Sa cote de popularité est en chute libre. Certains de ses ministres l’abandonnent. Son image serait plombée par l’affaire Benallah qui a occupé les médias tout l’été et uni les oppositions politiciennes. Sans doute, mais Macron n’a jamais bénéficié que des votes d’un petit quart des électeurs, ceux qui pensent avoir le moins intérêt au changement.

Et surtout, sa baisse dans les sondages n’arrête en rien le train de contre-réformes structurelles du gouvernement au service du patronat : l’augmentation de la CSG, les remises en cause de l’assurance chômage, du financement du logement social, le blocage de la revalorisation des retraites et des allocations, les privatisations, l’attaque contre tous les statuts du travail dont celui de la fonction publique, etc.

Dénoncer le «président des riches» est une chose. Mais Sarkozy et Hollande n’étaient guère des «présidents des pauvres». Ce n’est pas d’abord le président que nous combattons mais la politique qu’il aggrave. La perspective pour ceux qui souffrent de cette politique ne peut consister à recréer une illusion électorale, même à « gauche », pour 2022 (en passant par les européennes de 2020) mais à créer les conditions des convergences de luttes précises qui commenceront à mettre en échec cette politique. Comme en 1995 contre le plan Juppé, en 2006 contre le CPE de Villepin, même si ces succès des luttes des travailleurs commencent à remonter dans le temps.

Il est crucial de ne pas laisser galvauder l’expression « convergence des luttes ». Ce n’est pas une formule rituelle. C’est un objectif nécessaire à construire, à partir des convergences d’intérêts objectives des travailleurs (jeunes et retraités compris) dans la lutte des classes, à partir des conditions objectives d’élévation du rapport de forces face au patronat pour remporter des victoires précises.

Cette « convergence » ne correspond pas à la mise bout à bout de tous les mouvements de protestation à égalité ; ce qui reviendrait, de fait, à renvoyer vers une alternative générale, pour l’instant électorale, illusoire, impossible à concevoir sans étapes.

Comme Hollande, Macron sait ouvrir des débats de diversion. Après le mariage pour tous, l’extension de la procréation médicalement assistée est mise en avant. Loin de la défense réelle du cadre de vie des travailleurs et de la population, et de l’écologie proprement dite, des rassemblements politiciens sont organisés derrière Nicolas Hulot, ex-caution du macronisme, petit propagandiste du capitalisme vert et responsable, avec les taxes « écologiques » d’un des plus lourds prélèvements sur le pouvoir d’achat des travailleurs en 2018.

L’idéologie dominante s’efforce de polariser, comme dans les pays voisins, le débat politique sur la question de l’immigration. On essaye de pousser l’opinion à se répartir entre le soutien aux capitalistes trafiquants de main-d’œuvre et des logiques xénophobes et nationalistes. Pour nous communistes, il est plus important que jamais, sur ce sujet, de porter la solidarité de classe, en France, entre travailleurs de toutes origines, de lutter, dans l’internationalisme, contre les guerres et exploitations impérialistes. Cette riposte idéologique va être de plus en plus importante dans les prochains mois.

Dans l’immédiat, dans les premières convergences à construire, il nous faut analyser l’échec de la lutte du printemps des cheminots, même si elle continue sous d’autres formes. L’exigence de la défense du monopole public SNCF, face aux directives européennes, en relations avec les revendications sociales des cheminots, la défense du statut et les luttes des usagers n’a pas été portée au niveau. La grève perlée n’a pas tenu face aux calculs du pouvoir. Les liens immédiats avec la RATP, attaquée, de façon identique, ces derniers jours, avec la fonction publique, n’ont pas pu être développés suffisamment. La bataille continue.

Il est, pour nous, d’une importance capitale de lier les batailles pour l’hôpital et les retraites (les Ehpad, la psychiatrie etc.), face au nouveau projet de « retraite par points », à la remise en cause constante du financement de la sécurité sociale par la cotisation sociale: opposons-nous plus que jamais aux exonérations de cotisations patronales et à la CSG.

Cette lutte nécessaire rejoint la bataille, à peine entamée, malgré la préoccupation générale, contre le prélèvement à la source qui menace autant l’impôt progressif que le financement de la Sécu (danger de fusion CGG+ impôt sur le revenu).

De vastes rassemblements peuvent être construits pour certaines nationalisations démocratiques, dans des secteurs clés, alors que le gouvernement tente, contre tous, de privatiser Aéroports de Paris et la Française des Jeux. La nationalisation d’Alstom – électrique et ferroviaire – d’Arcelor sont de ces batailles impérieuses, avec celle du secteur financier.

Alors que le centième anniversaire du 11 novembre 1918 approche, nous proposons une pétition, entièrement d’actualité face aux restrictions des budgets publics et sociaux et à la politique de guerre impérialiste, pour la sortie de l’OTAN, pour la baisse des crédits militaires de la France.

A l’approche des élections européennes de mai 2019, dans la suite, toujours du NON populaire à la « Constitution européenne » de 2005, toutes ces luttes passent par le rejet de l’intégration dans UE du capital, de ses directives, traités et institutions.

La journée d’action et de manifestation du 9 octobre engage ces convergences de luttes construites, sur des bases de rupture.

SNCF – PETITION EN LIGNE – SIGNEZ! FAITES SIGNER! Monopole, établissement public, statut: NON A LA CONCURRENCE AU PROFIT DU PRIVE, aux sociétés anonymes et à la casse sociale

À Emmanuel Macron et Edouard Philippe

Je dis NON à l’application en France des règlements et directives de l’UE de marchandisation du rail, NON à la suppression du monopole historique de la SNCF sur les trains de voyageurs (art. 2141-1 du code des transports) et à la livraison de cette activité à la concurrence et au privé.

Je dis NON à l’éclatement de la SNCF et à sa transformation en sociétés anonymes par actions, rendant possible sa privatisation.

En conséquence, j’exige qu’Emmanuel Macron et Edouard Philippe retirent leur projet de loi et d’ordonnances visant la SNCF.

Je demande le retour au monopole public SNCF sur les trains de marchandises, activité sinistrée depuis la mise en concurrence. Je demande l’intégration de toutes les activités ferroviaires dans un établissement public SNCF unique, avec le renforcement du statut des personnels correspondant aux conditions de ce service public.

Ce sont des conditions nécessaires pour une politique de transports répondant aux besoins – grandes et petites lignes, horaires, arrêts, gares – de l’économie, des populations, des territoires, dans l’égalité, la sûreté, la maîtrise de la pollution, la transparence des investissements, des coûts et tarifs, avec un contrôle démocratique par les usagers et salariés : les principes du service public nationalisé conquis en 1936 et en 1945.

Agents des services publics, fonctionnaires et salariés du privé, tous unis pour défendre les services publics et nos conditions de travail

Faisons des journées des 15 et 22 mars le point de départ d’une grande riposte à la politique antisociale de Macron.

Si la politique menée sous Sarkozy puis Hollande a habitué les travailleurs aux mauvais coups, Macron fait aujourd’hui le pari de pouvoir précipiter les choses. Depuis le début de son mandat il ne se passe pas une semaine sans que des attaques gravissimes tombent sur toutes les catégories de salariés et de retraités : casse du code du travail, attaques en règles contre les fonctionnaires, volonté d’en finir avec la SNCF et les cheminots, rançonnement des retraités, offensive contre le logement social… Macron, un petit air de Thatcher à la française ? Montrons-lui notre refus de sa politique au service des plus riches, montrons-lui que les travailleurs dans l’unité d’action savent se faire entendre !

La riposte à la politique de Macron doit débuter avec les journées des 15 mars (salariés des EPHAD, retraités) et 22 mars (cheminots, ensemble de la fonction publique, contrôleurs aériens, étudiants  et divers secteurs du privé…). C’est par des mobilisations massives dans nos différents lieux de travail sur nos revendications catégorielles et par le travail à la convergence de nos luttes vers ces journées d’action que nous repousserons les attaques du gouvernement. Faisons le pari d’un printemps 2018 qui mettra en échec Macron et sa politique !

Attaquer le statut des cheminots c’est attaquer tous les travailleurs !

Le gouvernement prévoit de réformer la SNCF une nouvelle fois en ayant recourt aux ordonnances afin d’accélérer les choses et d’éviter le plus possible la contestation. Sous couvert d’une dégradation du service rendu par la SNCF, dégradation orchestrée par les différents gouvernements afin de légitimer leur politique (politique du tout-TGV, investissements insuffisants, manque de personnel…), le gouvernement organise l’ouverture à la concurrence du secteur ou, dit plus simplement et plus justement, sa privatisation. Au programme, transformation de la SNCF en Société Anonyme, fin du statut de cheminot et suppression, par les régions, de très nombreuses lignes considérées comme non rentables.

Qui peut objectivement croire à cette prétendue recette miracle du gouvernement ? Qui peut croire qu’en supprimant le statut cheminot et en dégradant les conditions de travail, les trains arriveront plus souvent à l’heure ? Qui peut croire qu’en faisant la part belle au privé (qui entrera sur le marché uniquement pour le profit), les investissements nécessaires à la régénération des infrastructures seront réalisés ? Personne ! Encore moins lorsque l’on voit le résultat des privatisations dans les autres pays !

Cette réforme est présente par les médias au service du pouvoir comme inévitable du fait de la dette d’abord et de l’Union Européenne ensuite. La fameuse « dette du ferroviaire » mise en avant est un simple artifice comptable qui résulte de la séparation des activités en différents entreprises afin de préparer la privatisation. De plus, il est important de rappeler qu’un service public n’a pas vocation à être rentable. Quant à l’UE, la privatisation est en effet orchestrée par les directives européennes, mais la lutte des travailleurs permettra leur non implication comme c’est le cas par exemple au Portugal.

Il faut donc nous battre main dans la main avec les cheminots pour défendre le service public ferroviaire et le statut. Ce n’est que par l’arrêt de ce processus de privatisation et la reconquête d’un grand monopole public du rail que nous pourrons renouer avec un service public ferroviaire de qualité au service des usagers et des travailleurs, et non au service des profits privés.

A la RATP, un processus similaire de privatisation est à l’œuvre, stoppons-le !

Si les médias ne parlent pour le moment que de la SNCF, aucune illusion ne doit être entretenue. La RATP est aussi dans le viseur du gouvernement qui va là encore s’attacher à attaquer le statut, attaques déjà commencées avec par exemple le gel du salaire et la retraite. Macron l’a clairement annoncé pendant la campagne, il veut « supprimer les régimes spéciaux », les agents RATP font donc aussi partie des victimes de cette politique antisociale au service des plus riches.

Le même processus de privatisation / ouverture à la concurrence que pour le rail est à l’œuvre du côté de la RATP. L’exploitation des nouvelles lignes du Grand Paris est désormais soumise à des appels d’offre auxquelles, bien évidemment, la RATP répond mais à l’aide de sa filiale RATP Dev. Qui dit filiale, dit activité identique mais conditions de travail différentes, avec des agents hors-statut. Cela revient à organiser la concurrence entre les travailleurs pour dégrader toujours un peu plus nos acquis sociaux. A partir de 2024 et de façon progressive, la mise en concurrence va également concerner les lignes existantes. Cela ne pourra se faire sans la destruction du statut RATP à laquelle va rapidement s’atteler le gouvernement. Cheminots, agents RATP, nous vivons les mêmes attaques, construisons la même riposte dans la lutte unitaire !

Des fonctionnaires dans le viseur du gouvernement. En lutte pour la défense de nos services publics.

Parallèlement à tout cela, le gouvernement s’en prend continuellement aux fonctionnaires, présentés comme des privilégies. Après le gel du point d’indice, le report de la revalorisation des carrières, le retour de la journée de carence, le ministre Darmanin annonce la suppression de 120 000 postes, un plan de départ « volontaire » et le recours massif aux contractuels. Tout cela est inacceptable !

Pour financer ses nombreux cadeaux aux plus riches, le gouvernement doit faire des économies, il va donc les chercher du côté des fonctionnaires à qui on demande toujours plus tout en donnant toujours moins. Dans une vision de plus long terme, le projet du gouvernement est clair ; en finir là encore avec le statut de la fonction publique comme ils veulent en finir avec le statut cheminot et RATP.

Résultat de cette politique, des services publics en détresse ! On le voit dans la santé où les hospitaliers sont pressés à l’extrême pour maintenir tant bien que mal une continuité du service. Dans l’éducation, les manques de moyens sont de plus en plus criants à chaque rentrée, la réforme annoncée du lycée accentuant encore un peu plus les problèmes. Dans les collectivités locales, aux impôts, à Pôle Emploi… partout la pression s’accentue, partout les conditions se dégradent.

Il est urgent de stopper cette dégradation à toute vitesse des services publics et des conditions de travail. Là encore, avec les cheminots et les agents RATP nos revendications convergent, luttons ensemble contre ce gouvernement qui nous attaque tous !

Salariés du privé, notre mobilisation aux côtés des autres catégories sera décisive !

La stratégie du gouvernement repose sur la division, refusons-là. Non les cheminots et les fonctionnaires ne sont pas des privilégiés ! Les seuls privilégiés se sont ceux qui bénéficient de la politique du gouvernement ; les plus riches. En tant que salariés du privé, nous avons tout intérêt à soutenir la lutte des cheminots et des fonctionnaires car ces statuts représentent des références collectives. Leur destruction se répercutera directement sur le droit du travail privé.

En tant que salariés du privé, nous sommes également touchés de plein fouet par la politique du gouvernement. La loi El-Khomri puis les ordonnances Macron ont gravement attaqués le droit du travail. Dans nos entreprises, cela se traduit par une pression accrue, une stagnation des salaires, une dégradation des conditions de travail voire par un non-respect des règles les plus élémentaires de sécurité.

A partir du 15 mars, plusieurs secteurs du privé sont appelés à la mobilisation. Les salariés des EPHAD nous montrent la voie avec une grève massive dans le secteur pour revendiquer des moyens supplémentaires afin de pouvoir réaliser correctement leur mission. Dans chaque secteur, les revendications catégorielles doivent se construire et être portées par une mobilisation massive.

Cheminots, agents RATP, fonctionnaires, salariés du privé, retraités, étudiants ou privés d’emploi, nous subissons tous aujourd’hui la politique du gouvernement. Refusons le jeu de la division, et unissons-nous ! Partout faisons remonter nos revendications catégorielles, partout mobilisons-nous, partout travaillons à l’unité d’action et à la convergence des luttes. Cela débute avec les journées des 15 et 22 mars afin d’exiger :

     -l’arrêt immédiat de la casse du statut cheminot et la reconquête d’un grand monopole public du ferroviaire assurant la qualité du service et des conditions de travail.

     -la défense du monopole public RATP et du statut des agents, la fin de la privatisation des transports.

     -le maintien du statut de la fonction public, des embauches massives dans les secteurs publics déficitaires, la revalorisation des traitements.

     -le retrait de la loi El-Khomri et des ordonnances Macron cassant le code du travail.

     -le refuse de l’application des directives européennes qui organisent la privatisation et la marchandisation des services publics.

C’est par la lutte que nous gagnerons, c’est par l’unité que nous vaincrons !

 

Macron et son gouvernement, « grands communicants » ? Répondons aux insultes et déjouons les coups idéologiques tordus !

On ne sait pas comment interpréter l’énurésie verbale dans le mépris de classe affiché par le jeune président. Il y a certainement une volonté d’enfoncer le clou de la résignation et de dresser les travailleurs les uns contre les autres.

Fonctionnaires, salariés, agents du service public, nous ne pouvons pas nous laisser traiter de « fainéants », encore moins par un Macron qui a gagné 2 millions d’euros à liquider des entreprises à la Banque Rothschild.

A côté de la grossièreté du Président, son gouvernement joue finement dans l’ordonnancement de ses attaques antisociales. Sa communication excelle notamment à diriger la lutte contre un mauvais coup pour mieux laisser passer un mauvais coup principal et un recul durable dans la bataille des idées pour les travailleurs.

Concrètement, pour ce qui concerne notamment le service public, pensons aux débats provoqués sur les « contrats aidés », sur les « compensations » des hausses de CSG ou sur la suppression partielle de la taxe d’habitation.

Il y a des mauvais coups simples à combattre dans l’idée. Par exemple, la hausse du forfait hospitalier. Elle va augmenter le reste à charge, notamment des patients les plus pauvres. Elle va peser à la hausse sur les cotisations aux mutuelles et aux complémentaires. L’argent détourné est celui que les profits des entreprises engrangent grâce aux exonérations de cotisations sociales maladie. Cette bataille est importante et rassembleuse, d’autant que ses termes sont clairs.

 

Mais la ministre du travail, par exemple, est beaucoup plus fourbe avec la remise en cause annoncée, avant la rentrée, des « contrats aidés ».

Face aux ordonnances Macron, nous nous battons contre un pan d’une attaque globale contre les acquis sociaux dans le code, les règles, les statuts du travail, dans le privé comme dans le public. Au même moment, le gouvernement déclenche un contre-feu visant la confusion. Bien sûr, nous défendons les personnes dont la situation et les perspectives se trouvent brusquement dégradées par la restriction des « contrats aidés ». Bien sûr, nous luttons contre la désorganisation qu’elle provoque brusquement, dès cette rentrée, dans certains services, notamment à l’école (sans l’hypocrisie de certains élus locaux). Mais nous ne tomberons pas dans le piège qui nous pousse à ériger en référence ces formes de sous-emplois, payés à peine au RSA, ultra-précaires, ce « traitement social du chômage » initié par des gouvernements de fausse « gauche » pour mieux supprimer des postes stables. La défense des personnes en « contrat aidé » passe par la revendication de vrais emplois, des postes de fonctionnaires, dans le cadre de la bataille globale pour le retrait des ordonnances Macron.

La même logique vicieuse est à l’œuvre à propos de la hausse de 1,7% de la CSG et de sa – relative – compensation pour les fonctionnaires.

La hausse de la CSG est un mauvais coup pour l’ensemble du monde du travail. Pour les 2/3 des retraités, elle représente un nouvel impôt, lourd et parfaitement injuste. Pour les salariés du privé, le basculement de cotisations sociales, notamment de cotisations chômage, vers la CSG – malgré le tout petit gain ponctuel sur le salaire net – représente une nouvelle menace sur le financement de la sécurité sociale et – gravement – sur le financement d’assurance chômage et la reconnaissance des responsabilités du patronat dans le chômage. La casse de l’Unedic est programmée dans la suite.

Pour les fonctionnaires et les agents des entreprises publiques, la ponction est simplement inacceptable. Il n’y a aucune raison qu’ils payent de la CSG pour l’assurance chômage, alors que, dans les maigres acquis subsistants, ils ont la sécurité théorique de l’emploi. Le pouvoir est plus pervers encore en n’étant pas clair sur la compensation des 1,7% et en posant une augmentation éventuelle du traitement net comme un pendant à l’entourloupe sur les salariés du privé.

En clair, les fonctionnaires et agents des entreprises publiques sont invités à revendiquer l’équivalent de ce qui est mensongèrement présenté comme un cadeau aux salariés du privé. Non, soyons clairs : nous n’acceptons aucun recul du pouvoir d’achat. Nous combattons la hausse de la CSG dans le public. Nous réclamons une hausse du point d’indice, des traitements et des salaires, sans rentrer en concurrence avec les annonces aux collègues du privé.

Troisième exemple grave de manipu

Les grands « communicants »

lation idéologique du gouvernement : la suppression progressive de la taxe d’habitation pour 80% des ménages.

La TH est un impôt globalement injuste, peu légitime, mal accepté. Dans l’absolu, nous sommes pour son remplacement par de tout autres impôts locaux. Mais là, nous dénonçons – loin de l’hypocrisie de certains élus locaux – que sa suppression et son remplacement par des dotations, précaires dans la durée, prélevées sur le budget de l’Etat constituent une menace pour les services publics, la fonction publique territoriales et une aggravation des inégalités. Les contribuables locaux vont continuer à payer, comme contribuables nationaux, pour des services locaux dégradés. Les ménages les plus pauvres, déjà exonérés de TH, vont être mis davantage à contribution via le budget de l’Etat et leurs impôts indirects (TVA).