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70 ans après Hiroshima, F. Hollande vante plus que jamais la « dissuasion nucléaire » et étend dangereusement son concept
EDT pour vivelepcf, 7 août 2015
Au moins François Hollande n’aura pas eu l’hypocrisie d’assister au Japon, aux côtés de Barak Obama, aux cérémonies du 70ème anniversaire des bombardements de Hiroshima et Nagasaki. Il a préféré se rendre en Egypte à l’inauguration du doublement du canal de Suez auprès du nouveau dictateur local, le maréchal Sissi. Il faut dire qu’à peine en place après un coup d’Etat, Sissi s’est montré un bon acheteur d’avions Rafale (même si c’est grâce à des prêts français…). L’Egypte se trouve au cœur d’une zone encore plus instable après les interventions impérialistes en Libye et en Syrie, encore plus demandeuse d’armes…
« Indépendance, liberté, capacité à faire prévaloir nos valeurs, voilà pourquoi nous devons chaque jour, assurer la permanence de la dissuasion nucléaire et être capables, à chaque instant, d’en améliorer encore l’organisation, le fonctionnement et les armes ». Voilà la phrase par laquelle Hollande a conclu le 19 février dernier, sur la base aéronavale d’Istres, son long discours définissant l’orientation de sa politique nucléaire militaire (texte intégral en lien sur le site de l’Elysée). Un hymne à l’arme nucléaire, comme tout son texte ! On comprend qu’il ne se soit envolé pour Hiroshima !
Partant d’une telle profession de foi, il est logique qu’il renvoie l’objectif du désarmement nucléaire aux calendes grecques et le réduise à un vœu pieux : « Je partage donc l’objectif, à terme, de l’élimination totale des armes nucléaires, mais j’ajoute : quand le contexte stratégique le permettra ». Ou encore : « La France doit être lucide. Elle sait qu’il ne suffit pas de proclamer le désarmement nucléaire immédiat et total, il faut que la réalité des actes de chacun soit cohérente avec les discours ». Tout est dit et répété plusieurs fois. Le quinquennat Hollande sera le premier où la France de diminuera pas, même simplement quantitativement, son arsenal nucléaire, ni son budget dédié à l’arme atomique, « sanctuarisé », à hauteur officiellement de 3,5 milliards d’euros par an.
La doctrine énoncée par Hollande donne tout leur (mauvais) sens aux efforts de la diplomatie française pour faire appliquer le Traité de non-prolifération (TNP). Il ne s’agit agir dans le sens général d’un abandon de l’arme atomique mais d’intervenir pour que de nouvelles puissances ne concurrencent pas les puissances impérialistes occidentales et leurs alliés. La politique française d’hostilité aux velléités supposées du régime iranien de se doter de la Bombe est directement subordonnée au souci de garantir la suprématie de l’impérialisme israélien dans ce domaine.
En termes d’idéologie, si l’on voulait vraiment encourager la non-prolifération, soulever les opinions publiques, légitimer le TNP, il faudrait s’y prendre à l’inverse d’Hollande qui affirme encore : « La Force de dissuasion, c’est ce qui nous permet d’avoir la capacité de vivre libres et de pouvoir, partout dans le monde, porter notre message, sans rien craindre, sans rien redouter, parce que nous sommes sûrs de la capacité que nous avons à nous défendre ». Avec un tel discours, il y a vraiment de quoi dissuader une nation qui voudrait se doter de l’arme nucléaire d’y renoncer ! Beaucoup peuvent légitimement ne pas se sentir moralement inférieures à l’impérialisme français, avec ses interventions françaises en Libye ou en Afrique, et voudraient desserrer la domination des grandes puissances… La tentation nucléaire est encore accrue quand Hollande proclame, de façon très contestable, que « la dissuasion stimule nos efforts de recherche et de développement et contribue à l’excellence et à la compétitivité de notre industrie ». Tout est décidément bon dans la « dissuasion » nucléaire !
La même logique présidentielle – est-ce du cynisme ou du pragmatisme ? – se retrouve chez Hollande à propos de l’application du Traité d’interdiction des essais nucléaires. Son entrée en vigueur est sa « première priorité », puisque « la France a fait la démonstration que la renonciation complète, irréversible aux essais nucléaires était compatible avec le maintien d’une dissuasion crédible ». Entre 1995 et 1997, sous Chirac – on s’en souvient -, l’industrie nucléaire militaire française a eu encore besoin de quelques essais grandeur nature à Mururoa pour adapter ses simulateurs. Maintenant que c’est fait pour l’armée française, comme pour les Etats-Unis, empêchons les autres de passer cette étape…
Par rapport justement à Chirac ou même à Sarkozy, le discours de Hollande, inauguré dès son élection par sa première visite officielle en juillet 2012 à un sous-marin nucléaire à Brest, exprime une inflexion. Jusque-là, la dissuasion était un mal et une dépense nécessaires pour se défendre. Aujourd’hui pour Hollande, elle est associé la liberté, à la « garantie que les engagements internationaux de la France seront toujours honorés, même si l’emploi de l’arme nucléaire n’est concevable que dans des circonstances extrêmes de légitime défense. »
La ligne qui prévalait sous Chirac et Sarkozy était évidemment hypocrite. Mais la libération de la parole présidentielle, avec Hollande, représente une nouvelle étape extrêmement inquiétante. La menace se précise, au-delà du rappel des grands principes, de la fable, de la dissuasion, de la mise au point d’armes atomiques françaises opérationnelles dans des conflits « limités » (c’est l’objectif avoué des essais en laboratoire de produire des bombes adaptées à cet échelle d’objectif).
Décryptons à nouveau le discours du Président : « C’est la responsabilité suprême du Président de la République d’apprécier en permanence la nature de nos intérêts vitaux et les atteintes qui pourraient y être portées.
L’intégrité de notre territoire, la sauvegarde de notre population constituent le cœur de nos intérêts vitaux. Quels que soient les moyens employés par l’adversaire étatique nous devons préserver la capacité de notre nation à vivre. Tel est le sens de la dissuasion nucléaire.
Néanmoins, je ne peux exclure qu’un adversaire se méprenne sur la délimitation de nos intérêts vitaux. C’est pourquoi je veux rappeler ici, que la France peut, en dernier ressort, marquer sa volonté à défendre nos intérêts vitaux par un avertissement de nature nucléaire ayant pour objectif le rétablissement de la dissuasion. »
Les deux dernières phrases, soulignés par nous, sont les plus explicites et effrayantes : « par un avertissement de nature nucléaire » a-t-il dit.
Quant à l’appréciation présidentielle unilatérale, suivant l’idéologie dominante, « de nos intérêts vitaux », elle coïncide – ce n’est pas une surprise – avec ceux de l’Union européenne du capital et de l’OTAN. Hollande ne pouvait pas être plus clair: « La définition de nos intérêts vitaux ne saurait être limitée à la seule échelle nationale, parce que la France ne conçoit pas sa stratégie de défense de manière isolée, même dans le domaine nucléaire. Nous avons affirmé à de nombreuses reprises, avec le Royaume Uni, avec lequel nous avons une coopération sans équivalent, cette conception. Nous participons au projet européen, nous avons construit avec nos partenaires une communauté de destin, l’existence d’une dissuasion nucléaire française apporte une contribution forte et essentielle à l’Europe. La France a en plus, avec ses partenaires européens, une solidarité de fait et de cœur. Qui pourrait donc croire qu’une agression, qui mettrait en cause la survie de l’Europe, n’aurait aucune conséquence ?
C’est pourquoi notre dissuasion va de pair avec le renforcement constant de l’Europe de la Défense. »
Puis ensuite : « Je veux également préciser notre relation avec l’Alliance Atlantique. L’Alliance Atlantique a une vocation nucléaire et les forces stratégiques indépendantes, comme la France et le Royaume-Uni en disposent, ont un rôle spécifique à jouer et contribuent à la dissuasion globale.
Ce constat, fait par tous, n’implique pas de changement de posture de notre pays. La France ne participe pas aux mécanismes de planification nucléaire de l’OTAN et la France ne participera pas à ces mécanismes. Ce principe demeurera. En revanche, la France souhaite contribuer à la définition de la politique nucléaire de l’Alliance. A cet égard, tous les pays membres de l’OTAN doivent faire preuve de constance et de détermination dans cet engagement. »
Sur ce dernier point, il n’y a rien de nouveau dans l’aveu, déjà fait depuis longtemps, que la soi-disant « indépendance nationale » de la France, avec la dissuasion nucléaire, n’est rien d’autre que le prélèvement sur la richesse produite par les travailleurs français pour la défense conjuguée des intérêts impérialistes américains et européens.
Aujourd’hui des armes nucléaires de dissuasion dirigées contre qui ?
Hollande doit admettre que, pour l’instant, « la France n’a pas d’ennemi déclaré ».
Mais… il dénonce quand même la Syrie de Bachar El-Assad qui « a brisé un tabou fondamental de notre système de sécurité collective » en utilisant prétendument des armes chimiques et contre lequel « il a fallu recourir à la menace ». Grâce à Bachar et au tabou qu’il aurait levé, il serait ainsi plus aisé de faire accepter l’utilisation d’armes de destruction massive ? Horreur !
Hollande évoque aussi Daesh et « l’attaque informatique contre Sony », qu’il semble difficilement envisageable de combattre avec des bombes nucléaires… Mais pour Hollande, « des surprises, voire des ruptures sont possibles ». Surtout qu’auparavant, il a mentionné la crise ukrainienne… On devine quelle « agression d’origine étatique » pourrait être imaginée, comme au temps de la guerre froide mais avec un rapport de force bien différent.
Communistes, progressistes, nous avons toutes les raisons d’être inquiets et de ne pas sous-estimer l’importance de la lutte, EN FRANCE, pour le désarmement nucléaire.
Bien sûr, nous savons que les propos de Hollande suivent aussi les intérêts et la propagande du lobby militaro-industriel du nucléaire. Mais cela n’en diminue pas pour autant le danger des bombes atomiques. Pour nous, commémorer les crimes impérialistes d’Hiroshima et Nagasaki ne relève pas du rituel de convenance !
Bien sûr, nous savons que le lobby militaro-industriel conventionnel peut également contester, de façon tout aussi intéressée, les dépenses dirigées vers le nucléaire et défendre hypocritement un désarmement nucléaire (comme des socialistes comme Rocard et Quilès peuvent en être les porte-parole). Certains avocats de l’impérialisme français estiment aussi bien plus efficaces pour les intérêts qu’ils défendent de promouvoir une autre militarisation. Mais pour nous, combattre l’une n’empêche pas de combattre l’autre manifestation militariste de l’impérialisme.
Communistes, la situation menaçante appelle que nous reprenions le flambeau pacifiste de nos camarades qui, comme Frédéric Joliot-Curie, en connaissance de cause, initièrent et firent signer à des millions de travailleurs l’Appel de Stockholm pour l’abolition de l’arme nucléaire.
Peu importe pour nous (c’est très disproportionné le de mentionner) qu’un politicien comme Mélenchon, lié à Dassault, affiche un chauvinisme révulsant et vante une conception trompeuse de l’indépendance nationale par la dissuasion nucléaire.
Communistes, finissons aussi de solder les erreurs et même reniements décidés au nom du Programme commun dans les années 70, dont le rapport Kanapa de 1977, qui convertit le PCF à l’acceptation de l’arme nucléaire française, présentée illusoirement comme potentiellement nationale. Si le PCF en est petit à petit revenu, il importe d’être beaucoup plus clair. Interrogé en 2012 sur la proposition de Rocard de supprimer l’arme nucléaire française, Pierre Laurent n’est pas allé plus loin que d’estimer « que sa proposition méritait vraiment réflexion et que la France pourrait prendre l’initiative pour relancer le désarmement nucléaire ». Avec Hollande ?
Communistes, sur cette question vitale, nous pouvons avoir des propositions de lutte graduées et claires et mobilisatrices :
- Pour une définition des intérêts vitaux du pays englobant exclusivement la défense de son intégrité territoriale et la sauvegarde de sa population.
- Pour une sortie de la France du commandement intégré de l’OTAN, de l’OTAN et de toute organisation de l’Europe de la défense.
- Pour le retour en France de tous les soldats français engagés sur des théâtres extéieurs.
- Pour l’arrêt des essais nucléaires en laboratoire et leur classement dans les recherches prohibées par le Traité d’interdiction des essais nucléaires.
- Pour la mise en accusation du budget totalement stérile consacré à l’arme nucléaire (3,5 milliards par an officiellement), en rapport avec les nécessaires dépenses publiques et sociales.
- Pour une conversion vers le civil et d’autres technologies du secteur militaro-nucléaire français.
- Pour un désarmement nucléaire total et unilatéral de la France.
- Pour dans le monde, « l’interdiction absolue de l’arme atomique, arme d’épouvante et d’extermination massive des populations » comme y exhortait l’Appel de Stockholm.
Les véritables raisons du bombardement d’Hiroshima et de Nagasaki…
Nous reprenons un article synthétique écrit en 2009 par Kate Hudson, présidente de la Campagne pour le Désarmement nucléaire en Grande-Bretagne (CND), pour le journal Morning Star (sous le titre: Unnecessary evil) et traduit par MA pour http://solidarite-internationale-pcf.over-blog.net/
Aucun élément historique nouveau n’est venu le contrarier.
Il existe une croyance populaire, en particulier aux États-Unis, selon laquelle il était nécessaire de larguer la bombe atomique sur le Japon en 1945 pour mettre fin rapidement à la guerre et sauver des vies.
Même aujourd’hui, beaucoup de gens croient véritablement que la bombe était nécessaire pour amener le Japon à se rendre et pour éviter l’invasion du Japon par les États-Unis, qui aurait pu coûter la vie à des centaines de milliers de personnes. Mais des études universitaires approfondies réalisées aux États-Unis, utilisant des documents de l’époque, montrent que ce n’est tout simplement pas vrai.
Au moment où la bombe était prête à être utilisée, le Japon était disposé à se rendre. Comme le Général Dwight Eisenhower l’a dit, le Japon cherchait à ce moment précis à se rendre en évitant de perdre la face. Eisenhower lui-même a dit: « C’était inutile de les frapper avec cette horrible chose ».
Alors, si le Japon était prêt à se rendre, pourquoi a-t-on largué deux bombes atomiques sur Hiroshima et Nagasaki tuant plus de 340 000 personnes?
Un facteur significatif dans la décision de bombarder le Japon était le désir de Washington d’établir sa domination dans la région après la guerre. Ceux qui se préparaient déjà pour la situation d’après-guerre croyaient que cela rendait nécessaire l’occupation américaine du Japon, permettant aux États-Unis d’y installer une présence militaire permanente, de façonner son système économique et politique et de dominer la région du Pacifique sans crainte d’une résurgence Japonaise
Mais la résurgence Japonaise n’était plus la principale source d’inquiétude stratégique pour les États-Unis. Sa principale source d’inquiétude était surtout la place que prendrait l’Union Soviétique dans le monde de l’après-guerre, à la fois en Asie et en Europe.
L’Union Soviétique était l’allié de Washington pendant la guerre contre l’Allemagne. In fine, bien sûr, leurs systèmes économiques étaient incompatibles – les États-Unis n’auraient jamais accepté qu’aucune partie de l’économie mondiale se soit rapprochée d’elle et ceux qui recherchaient une alternative au modèle américain de l’économie de marché tendaient à regarder du côté de l’Union Soviétique.
Cet antagonisme latent était intensifié par la puissance et le prestige accrus de l’Union Soviétique, au vu de son rôle dans la guerre, elle qui a cassé les reins de la machine de guerre allemande. Les États-Unis voulaient empêcher une progression Soviétique en Asie et, par conséquent, un gain d’influence Soviétique au Japon.
Tout le monde doit bien en déduire que les États-Unis voulaient faire une démonstration de leur puissance militaire unique – avec la possession de la bombe atomique – afin d’obtenir quelques avantages politiques et diplomatiques, aux dépens de l’Union Soviétique, dans le cadre des accords d’après-guerre tant en Asie qu’en Europe.
Tandis que de nombreux politiciens de premier plan, des diplomates, des grandes figures de l’armée pensaient qu’il n’était pas nécessaire de bombarder le Japon, le groupe qui entourait le président américain Harry Truman l’a fortement incité à le faire. Le Secrétaire à la Guerre Henry Stimson a décrit la bombe atomique comme étant « la carte maîtresse » de la diplomatie américaine vis-à-vis de l’Union Soviétique.
Début 1945, il était clair que tandis que le gouvernement Japonais n’offrirait pas de « reddition inconditionnelle », il était disposé à rechercher une reddition négociée par le biais du pays neutre qu’était l’Union Soviétique. Comme condition, il posait le maintien de la position de l’empereur Japonais Hirohito, sans qu’il ait à perdre la face. Un scénario possible aurait été la modification de son rôle dans le cadre d’une monarchie constitutionnelle et l’assurance que les charges de crimes de guerre contre lui – qui auraient pu mener à son exécution, comme cela a été le cas pour de nombreux leaders de l’Allemagne Nazie – seraient abandonnées.
Il existait un consensus parmi les leaders Occidentaux sur le fait que cela aurait été une approche acceptable, mais cette position n’a jamais été communiquée au gouvernement Japonais. Des enregistrements indiquent que le Président Truman n’a pas évoqué cette option lors de la déclaration de Potsdam parce que les essais de la Bombe-A Américaine à Alamogordo avaient été concluants.
Le leadership américain n’a pas informé les Japonais que leurs conditions de reddition étaient plus ou moins acceptable, car il fallait utiliser la bombe pour faire une démonstration de force dans un monde où les États-Unis seraient les seuls à être en possession de cette arme. Sa seule occasion de le faire, c’était avant que le Japon ne se rende.
Donc les États-Unis ont largué une bombe sur Hiroshima le 6 août, et une autre sur Nagasaki le 9 août.
Les conditions de reddition acceptés par la suite n’étaient aucunement différentes de celles que les Japonais avaient offertes avant le bombardement – exactement les mêmes fins auraient pu être atteintes sans le bombardement, si les États-Unis avaient accepté la condition japonaise qui était la protection et le maintien de son empereur. Mais maintenant, bien sûr, les États-Unis se sont assurés l’occupation du Japon et ont fait la démonstration de leur « carte maîtresse » dans le nouveau monde de la diplomatie atomique. Washington a montré au monde entier sans ambiguïté qu’il avait une arme d’une puissance exceptionnelle et dévastatrice et qu’il était prêt à l’utiliser,
Les États-Unis ont fait d’autres déclarations pour essayer de justifier l’usage de la bombe, qui se sont également révélées fausses. Par exemple, il a été affirmé que les citoyens d’Hiroshima et de Nagasaki ont été avertis par des tracts envoyés par voie aérienne qui les avertissaient de ce qu’il allait se passer et qui les exhortaient à évacuer les villes. Ce n’était tout simplement pas vrai. Les preuves démontrent que la décision a été prise en très haut lieu de ne donner aucun avertissement préalable.
Tout en s’assurant des avantages politiques, diplomatiques et militaires, les États-Unis se sont aussi laissés l’opportunité, autrement impossible, de tester leurs armes nucléaires sur des êtres humains et de déterminer leurs impacts sur les bâtiments et sur différents types d’installations. Cela lui a permis de suivre de près les impacts de la radiation, ce qui n’aurait pas été imaginable autrement.
En lançant deux bombes, une faite d’uranium, l’autre de plutonium, avec des combinaisons chimiques différentes, toute une série d’effets pouvait être testée. Le chercheur scientifique Rosalie Bertelle considère qu’il y avait un « projet délibéré d’étudier les effets des deux différents types de bombes ».
Les forces américaines d’occupation ont filmé les régions bombardées pour près de 85 000 pieds de pellicules. En septembre 1945, une équipe de chercheurs américains s’est établi à Hiroshima pour mesurer les « effets sur la santé » constatés sur une population humaine exposée à la fission atomique.
En lançant ces bombes atomiques, le gouvernement Américain a eu ce qu’il voulait, mais avec un coût humain le plus épouvantable qui soit. Soixante-quatre années après, nous nous battons toujours pour mettre fin à cette héritage de terreur et de brutalité insupportable.
Site du Morning Star, quotidien communiste britannique: http://www.morningstaronline.co.uk/
Tel-Aviv-Plage invité officiellement à Paris-Plage : consternation ! (complété)
Complété le 11 août (suivre le lien)
Vivelepcf, 6 août 2015. Devant l’incrédulité de nombreux lecteurs hier et l’absence de sources primaires autres que celles d’associations et groupements liés à l’ambassade d’Israël, nous avons suspendu la publication de l’article jusqu’à confirmation définitive. Celle-ci est arrivée de la Ville de Paris, après de nombreux coups de téléphone. « Tel-Avis à Paris plage » figure désormais dans le programme officiel de Paris Plage, remanié ce 7 août: suivre ce lien http://quefaire.paris.fr/articles/107 (image ci-dessous). Malheureusement! Nous appelons encore davantage, sur la base de notre réaction, de notre analyse et de nos propositions émises hier, à interpeller les élus parisiens. Si une décision si lourde de conséquences a été prise à leur insu, c’est un problème supplémentaire. Sinon, pourquoi n’ont-ils pas réagi? Leurs coordonnées figurent en bas de l’article. Sur un sujet aussi sensible, d’ici le 13 août, la vigilance est de mise pour éviter de tomber dans toute provocation et laisser notre protestation être amalgamée à des positions qui ne sont pas les nôtres, voire qui y sont totalement contraires. La rédaction de Vivelepcf [Attention, il ne s'agit pas d'une position officielle du PCF Paris, mais d'une position des animateurs du site vivelepcf.fr, partant de la réaction de la section du PCF Paris 15].
- agrandissement de la page du site officiel « Que faire à Paris? » portant sur Paris plage. Capture d’image le 7 août à 13h00.
Tel-Aviv-Plage invité officiellement à Paris-Plage : consternation !
Des camarades communistes parisiens nous ont fait part de leur consternation à la nouvelle de l’installation le 13 août d’un espace « Tel-Aviv-plage » à Paris-plage, sur les bords de Seine, entre le pont d’Arcole et le pont Notre-Dame.
On apprend sur des sites israéliens que la municipalité de Paris a finalisé cette opération avec la municipalité de Tel Aviv lors de la visite d’Anne Hidalgo en Israël en mai dernier.
Nous n’avons rien a priori, bien au contraire, contre des échanges culturels avec des créateurs israéliens, avec le peuple israélien. Mais là, il ne s’agit absolument pas de cela mais d’une opération officielle destinée à faire la promotion de « l’ambiance festive tel-avivienne », comme l’expliquent le site « Israël Cool » ou le site « TiptopTel-Aviv », reprenant la présentation des concepteurs. Il y aura des « distributions de goodies » (sic), des dégustations dans des « Foodtrucks » (resic) avant une soirée endiablée avec un « DJ connaisseur des nuits locales » (reresic).
Cette initiative de la Mairie de Paris est moralement indécente. Il est politiquement scandaleux de donner aux Parisiens une telle image de la vie israélienne.
L’image de l’insouciance et de la jouissance « bling-bling » de quelques-uns sur les plages privées branchées de Tel-Aviv est gravement trompeuse. Elle n’est que le pendant d’une politique gouvernementale et d’une économie basées sur l’inégalité, la pauvreté de masse, le racisme d’Etat et un colonialisme criminel. Il faut le dire !
Il y a un peine un an, l’Etat et l’armée israéliens plongeaient la bande de Gaza dans la guerre, sous un déluge de feu, causant 2300 morts et plus de 10.000 blessés pour essayer de perpétuer leur ordre colonial sur la Palestine et leur domination dans la région. Comment accepter, Parisiens ou Israéliens humanistes, qu’on essaie de nous le faire oublier sous les paillettes des discothèques de Tel-Aviv ?
Il y a un an à peine, à quelques dizaines de kilomètres des plages de Tel-Aviv où se trémousse une certaine jeunesse, des gosses palestiniens étaient littéralement abattus par de jeunes soldats israéliens. Nous avons aussi une pensée pour ces derniers que la défonce dans les clubs de Tel-Aviv ne guérira pas du profond traumatisme causé par les crimes que le système israélien leur fait commettre.
A deux encablures du rivage de Tel-Aviv, des flambeurs israéliens s’amusent à se faire peur sur des casinos flottants (par hypocrisie religieuse, les tripots ne peuvent se trouver sur la terre ferme « sainte »). A quelques encablures des côtes de la bande de Gaza, les petits bateaux de pêcheurs palestiniens sont refoulés ou coulés parce qu’Israël leur interdit de pêcher dans leurs propres eaux territoriales.
La scandaleuse initiative « Tel-Aviv à Paris-plage » accroît un malaise, déjà profond, à l’égard de la municipalité de Paris. L’an dernier, Anne Hidalgo n’a rien trouvé de plus opportun que de condamner certains manifestants contre la guerre à Gaza, mais jamais les crimes d’Israël. En 2011, Delanoë avait fait déployer sur 5 mètres devant l’Hôtel de ville le portrait du soldat franco-israélien Gilad Shalit parti s’engager dans l’armée israélienne et fait prisonnier. En revanche, pas un mot de sympathie pour le jeune franco-palestinien Salah Hamouri injustement enfermé par les services israéliens. Etc.
Il est encore temps de faire annuler la présence des animateurs tel-aviviens à Paris-plage.
En outre, la municipalité a parfaitement la possibilité de mettre en place à proximité un kiosque d’information sur le sort des enfants, miséreux, privés de toit, de soins, évidemment de vacances, à Gaza, un espace qui organiserait une solidarité avec les petits orphelins et blessés des suites de l’agression israélienne de 2014.
C’est ce que nous demandons et demandons aux élus parisiens épris de justice et de paix de défendre.
Adresses mails de:
anne.hidalgo@paris.fr, Maire de Paris
bruno.julliard@paris.fr, 1er adjoint à la maire de Paris, chargé de la Culture
remi.feraud@paris.fr, Président du groupe PS au Conseil de Paris
nathalie.kosciusko-morizet@paris.fr, Présidente du groupe « Les Républicains »
david.belliard@paris.fr, Président du groupe EELV
eric.aziere@paris.fr, Président des élus UDI-Modem
nicolas.bonnet-oulaldj@paris.fr, Président du groupe communiste – Front de gauche
jean-bernard.bros@paris.fr, Président du groupe radical de gauche, centre et indépendants
SeaFrance: la SCOP aura mis 3 ans pour parachever le plan de liquidation de l’Etat et de la SNCF
La société coopérative SeaFrance a été placée en liquidation judiciaire le 31 juillet 2015. C’est malheureusement l’aboutissement logique d’une opération organisée finement par l’Etat, la SNCF, avec la complicité, entre autres, d’Eurotunnel. Nous l’avions dénoncé dès 2012 dans l’article ci-dessous.
La création de la SCOP a servi à désengager la SNCF, ancien propriétaire à 100%, à supprimer des centaines d’emplois, à démanteler ce qui est resté de l’entreprise avec la séparation des bateaux et de l’exécution. L’hypocrisie du « O » de la SCOP, « coopérative ouvrière », a permis de faire passer politiquement le mauvais coup, en lui donnant une coloration « gauche », avec des syndicalistes de complaisance. Des politiciens de tous bords ont applaudi à Calais et en France et même salué la firme Eurotunnel.
Eurotunnel aura attendu 2015. Elle s’est saisie du prétexte des avis des autorités de la concurrence britanniques pour réaliser la plus-value prévue à la revente des navires de SeaFrance.
Le rapport de force qui existait en 2012 s’est évaporé. Les syndicalistes dirigeants de la SCOP se retournent maintenant contre l’Etat, enfin, mais sans plus aucun moyen de pression. La base de la mobilisation pour le service public, la filiale publique de la SNCF, n’existe plus. Les marins encore en poste sont écœurés. Nous les soutenons. La dénonciation de du scandale de l’opération SeaFrance-Eurotunnel peut aider leur lutte d’aujourd’hui pour les meilleurs reclassements et indemnisations.
L’exemple de SeaFrance montre de façon éclatante la supercherie réformiste de la propriété coopérative en système capitaliste. Elle n’est profitable aux travailleurs que dans des situations très particulières, des niches. A l’autre bout de la France, à Géménos, les Fralib, après une belle et longue lutte, ont réussi à préserver une partie des emplois liquidés par la multinationale Unilever dans leur usine de conditionnement de thé. Ils ont trouvé une niche économique en se convertissant à l’activité, espérons viable, de la tisane régionale diffusée en circuit court. Ils se sont placés dans une niche politique en devenant un symbole de « gauche », peu coûteux, pour la gauche plurielle régionale et pour François Hollande, avant et après les élections de 2012.
L’exception Fralib confirme la règle.
Notre article de 2012 :
SeaFrance, une SCOP ? De la nationalisation à l’auto-exploitation puis l’auto-liquidation !
Vivelepcf, 4 juillet 2012
« Si cogérer c’est gérer avec, autrement dit, dans les conditions du capitalisme, gérer avec les capitalistes, autogérer, c’est gérer soi-même, c’est-à-dire sans les capitalistes. Ce ne serait pas pour nous déplaire, comme chacun sait.
Mais comment gérer sans les capitalistes aussi longtemps que les entreprises et tous les moyens de l’économie leur appartiennent et aussi longtemps qu’ils disposent de toute la puissance de l’Etat et d’un gouvernement à leur service ? En les priant de bien vouloir nous laisser faire ? Les promoteurs du mot d’ordre d’autogestion sont toujours muets sur la question. » Henri Krasuscki, Syndicats et lutte de classes, Editions sociales, 1969, page 36.
Depuis plusieurs mois, l’avenir de l’entreprise de navigation SeaFrance à Calais est devenu le cheval de bataille des partisans des SCOP, sociétés coopératives ouvrières de production.
Depuis le 11 juin 2012, leur vœu est en voie d’être exaucé. Le Tribunal de commerce de Paris a en effet attribué la reprise des bateaux de SeaFrance à Eurotunnel qui prévoit d’en confier l’exploitation à la SCOP créée par l’ex-CFDT.
Une partie de la gauche est dithyrambique. Pour l’Humanité du 12 juin, ce n’est rien de moins que la réalisation du slogan du Front de gauche : « Prenez le pouvoir ! ». Jean-Luc Mélenchon a d’ailleurs déclaré qu’il avait prévu de « lancer sa campagne sur SeaFrance » avant d’y renoncer devant les soupçons de malversation par le syndicat CFDT (désormais exclu par sa confédération). Jacky Hénin, ancien maire de Calais, a choisi un responsable syndical de l’ex-CFDT, comme suppléant aux législatives. De son côté, Benoît Hamon (PS) se réjouit : il avait acheté symboliquement deux parts de la SCOP. Même à droite, Sarkozy se disait prêt en janvier à « donner une chance » au projet de SCOP et la maire UMP de Calais promet de donner 1 million d’euros à la SCOP.
Y-a-t-il vraiment de quoi être si enthousiaste ? Qui gagne ? Qui perd ?
Du côté de la firme Eurotunnel, on se frotte les mains. Elle récupère les trois bateaux pour 65 millions d’euros alors que leur valeur est estimée entre 120 et 150 millions d’euros, somme qu’elle se déclarait prête à mettre sur le tapis en mars. Si le projet d’exploitation échoue, elle sera toujours largement gagnante.
La SNCF, société nationale jusqu’alors maison mère à 100% de SeaFrance parvient à ses fins. Elle se débarrasse d’une entreprise qui ne fait plus partie « de son cœur de métier » et qu’elle s’efforce de couler depuis 5 ans. Comme le dénonce la CGT, elle a réussi à mener une entreprise bénéficiaire au dépôt de bilan. L’accord avec Eurotunnel prévoit qu’aucune poursuite judiciaire ne sera engagée contre la SNCF sur ses responsabilités éventuelles (évidentes !) dans la faillite de SeaFrance. Ouf, pour la SNCF et pour l’Etat !
Les dirigeants de l’ex syndicat CFDT, à la tête de la SCOP, vont pouvoir reprendre leur fonction de cogestion aux côtés de Jean-Michel Giguet, ancien patron, bien peu social, de Britanny Ferries, et qui deviendra le véritable patron de la SCOP en tant que patron d’« Eurotransmanche » qui lui louera, pour le compte d’Eurotunnel, les bateaux. La CGT dénonce depuis des années la collaboration de l’ex-CFDT à la casse de l’entreprise, son fonctionnement de « secte mafieuse », allant jusqu’au coup de main contre les syndicalistes et salariés récalcitrants.
Et les autres salariés ? Déjà, il ne s’agit plus que de 500 emplois sur 1000 en 2011, 1600 en 2008. A défaut de prime spéciale de licenciement pour tous, la SNCF versera 25.000 euros à ceux qui accepteront de les placer dans la SCOP à leurs risques et périls. Dans les conditions effrénées de la concurrence déloyale organisée par l’UE, pour maintenir l’entreprise hasardeuse, ils seront poussés à s’auto-exploiter. Le patron d’Eurotunnel, Jacques Gounon, ne peut pas exprimer plus cyniquement cette réalité que lorsqu’il évoque les vols présumés de certains salariés ces dernières années (11 mises en examen): « L’esprit SCOP peut jouer. Dans ce cadre-là, celui qui volerait volerait ses collègues ».
L’avènement de la SCOP n’est qu’une nouvelle étape du « scandale d’Etat » que dénonce la CGT, l’avant-dernière peut-être avant la liquidation totale. Communistes, nous ne ferons pas partie de ceux qui se félicitent du démantèlement concerté d’une entreprise nationale de service public, point d’appui contre les dérégulations européennes des conditions d’exploitation, de travail, aussi de sécurité pour les passagers.
L’exemple de SeaFrance mène-t-il à condamner les SCOP en général. Non. C’est une forme de propriété en système capitaliste qui peut présenter parfois quelques avantages pour les salariés. L’expérience de centaines de SCOP qui existent montre qu’il s’agit d’un modèle qui marche surtout pour des petites entités, situées dans des niches commerciales. Des expériences historiques ont illustré comment des salariés pouvaient gérer mieux que des patrons les entreprises et établir d’autres formes de relations au travail. Mais la pression capitaliste ne leur laisse pratiquement plus de place et la logique d’auto-exploitation prévaut sur l’utopie et l’illusion des « îlots de socialisme » dans le capitalisme.
En même temps que ceux de SeaFrance, les salariés de Fralib (conditionnement du thé) mènent eux aussi une action, à l’initiative de la CGT, en vue d’exploiter leur usine en SCOP. Mais dans les Bouches-du-Rhône, tout est différent. Les salariés ne collaborent pas avec une firme privée, ils luttent pour contraindre Unilever à laisser les moyens à la SCOP de maintenir l’activité, rentable sur le site de Géménos, mais qu’elle veut liquider. Ils ne rentrent pas dans des plans destructeurs des pouvoirs publics, ils font monter le rapport de force pour que les autorités politiques interviennent face à la multinationale.
A SeaFrance, devant la trahison de la SNCF et de l’Etat, la CGT a mené une bataille pour la poursuite de l’activité sous pavillon français à travers une société d’économie mixte dont la région Nord-Pas-de-Calais aurait été partie prenante.
Dans les conditions concrètes de la lutte, la constitution de SCOP ou de SEM peuvent être des objectifs. Mais ni l’une, ni l’autre de ces formes de propriété et de gestion de saurait être érigée en modèle, encore moins en modèle pour « dépasser le capitalisme ».
Dans la médiatisation du cas SeaFrance et les prises de position politiques pour les coopératives et l’autogestion, on voit revenir à la charge les syndicalistes réformistes, les sociaux-démocrates. Tous les leurres sont bons pour esquiver la nécessité de la perspective de rupture révolutionnaire, de remise en cause globale de la propriété privée des moyens de production et d’échange, du pouvoir capitaliste.
Ce n’est pas historiquement celle du PCF ni celle de la CGT depuis 1945. Ce n’est pas celle dont ont besoin les salariés dans leurs luttes actuelles !




