Vive le PCF
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Elections Espagne 2015 : Podemos a recruté un ancien général sur ses listes ! Et pas n’importe lequel !
Repris de Solidarité internationale PCF, 19 décembre 2015

Le général Rodriguez en Afghanistan, chef d'état major de Zapatero, recruté quelques années plus tard défendre les mêmes positions sous les couleurs de la "gauche radicale" Podemos
La rupture avec les appareils politiques traditionnels, l’ouverture à la « société civile », fait partie des slogans de Podemos (« nous pouvons » suivant le « Yes, we can » d’Obama), mouvement espagnol présenté comme de « gauche radicale ».
En la matière, Podemos et son chef, le politologue Pablo Iglesias, font fort. En fait de société « civile », ils ont recruté une personnalité de choix, placée en position éligible en Aragon, le général Jose Julio Rodriguez.
Le personnage n’est pas un obscur général de brigade repenti sur le tard dans l’antimilitarisme. Pas du tout ! Jose Julio Rodriguez, 67 ans, général d’aviation, jeune retraité, n’est autre que l’ancien chef d’état major de la Défense, le plus haut poste militaire du pays, exercé sous le gouvernement Zapatero.
Rodriguez a débuté sa carrière dans l’armée de Franco qu’il a servie dans l’ancienne colonie du Sahara Occidental. Puis, comme on dit, il a gravi tous les échelons jusqu’à commander le corps expéditionnaire espagnol envoyé en Afghanistan en supplétif de l’armée américaine. En lien direct avec le commandement de l’OTAN, il a été en responsabilités pour l’armée espagnole dans les guerres d’Irak et encore de Libye en 2011.
La droite crie à la trahison. Mais Rodriguez ne se renie pas. Ce serait plutôt Podemos qu’il faudrait accuser de trahison, du moins de tromperie. Pendant un temps, ce mouvement attrape-tout a voulu suivre les mouvements d’opinion hostiles aux interventions militaires espagnoles à l’étranger (maintenant réduites) et à la présence de bases de l’OTAN dans le pays. Aujourd’hui, l’équipe menée par Iglesias nourrit une aspiration plus élevée, celle de l’accession au pouvoir. Pour cela, il faut se ménager l’électorat de droite, qu’elle convoite aussi, mais surtout les puissants d’Espagne, de l’UE et de l’OTAN.
Podemos veut donner des gages à l’OTAN et à l’UE. Rodriguez est explicite : « Nous allons respecter les décisions de l’OTAN. Nous nous engageons pour une défense européenne globale car là est l’avenir » (Journal El Pais – 5 novembre).
En cas d’avènement au pouvoir, Pablo Iglesias a annoncé qu’il nommerait Rodriguez ministre de la défense : ce serait la première fois depuis Franco qu’un militaire exercerait un tel poste politique !
Décidément, les affinités entre Podemos et Syriza, entre Iglesias et Tsipras, que certains politiciens français érigent en modèle de « gauche », sont grandes. Dès son élection en Grèce, Tsipras a nommé ministre de la défense son partenaire d’extrême-droite Pammenos. Des manœuvres aéronavales inédites avec les Etats-Unis et même Israël ont été organisées. Etc.
Le Parti communiste espagnol continue, quant à lui, de revendiquer la sortie de l’Espagne de l’OTAN.
Mais il n’est pas sûr que ce point de vue se fasse beaucoup entendre dans ces élections. En juillet, Podemos repoussait vertement toute alliance électorale avec le PCE et la « Gauche unie » (Izquierda Unida) dans lequel la direction du PCE est intégrée. Résumé en une phrase : Iglesias voulait bien de l’appoint de quelques personnalités communistes mais pas d’une alliance électorale avec une machine à perdre les élections car trop liée à l’image du communisme. Refoulée par l’ultra-médiatisé Iglesias, la direction du PCE n’avait plus d’autre choix que de constituer d’autres listes. L’occasion existait de retrouver une identité communiste affirmée. Le choix a été fait d’aller dans une nouvelle dilution du PCE en passant d’Izquierda Unida à des listes « d’Unité populaire » avec des régionalistes et des transfuges de la social-démocratie.
Electoralement, politiquement, en Espagne, le changement, ce n’est malheureusement pas pour maintenant.
Déclaration du Conseil départemental du PCF du Tarn après les élections régionales 2015
Devant la crise politique, nous relevons le défi ! Retrouvons nos fondamentaux ! 
Déclaration du Conseil départemental du PCF du Tarn après les élections régionales 2015, 16 décembre 2015
Notre pays n’en finit pas de subir la crise et les politiques que lui imposent un pouvoir, dont l’alpha et l’oméga – derrière les promesses et les discours à usage électoral – consiste à satisfaire les intérêts du grand patronat et du MEDEF.
Cela fait plusieurs décennies que ça dure, avec des moments de répit – qu’imposent les luttes de notre peuple, comme en 1995, en 2003 ou à l’automne 2010 – et des phases d’accélération, lorsque le mouvement populaire ne parvient pas à s’imposer.
Avec le gouvernement de M. Valls et de Macron, le cap est mis toujours plus dans cette direction. Ce sont ces politiques au service du capital, qu’elles soient de droite – et c’est dans l’ordre des choses – où qu’elles se revendiquent de gauche (et c’est là que le bât blesse et que les gens n’acceptent plus et ne supportent plus) – qui abîment le lien social, les solidarités, les services publics, sans jamais répondre aux aspirations populaires, ni permettre un quelconque recul du chômage ou de la précarité, bien au contraire.
Le paysage politique, à l’issue de ces élections régionales témoigne bien de l’ampleur de cette crise économique, sociale et politique.
Dans notre région, comme dans notre département, nous nous félicitons d’avoir contribué, à la place qui est la nôtre, à la défaite du Front National.
Son accession aux responsabilités dans notre région, comme dans les communes ou les départements n’aurait rien apporté de positif aux travailleurs, à la jeunesse, aux retraités. Pour nous tous, cela aurait été encore plus de politiques d’austérité et de régression sociale, auxquelles il aurait fallu ajouter – en prime – des politiques d’exclusion contre les immigrés, les pauvres, la casse de la culture, des difficultés accrues pour les associations d’éducation populaire et le monde associatif dans son ensemble.
Mais pour autant, rien n’est réglé. Si demain, les politiques mises en place – au plan national en particulier – prolongent et amplifient les coupes budgétaires dans les dépenses utiles aux populations, si l’on continue d’éloigner les citoyens des centres de décision, en s’attaquant à la démocratie communale, si nos dirigeants continuent de vivre dans leur monde, coupés du peuple et éloignés de leurs souffrances, les mêmes phénomènes ne manqueront pas de se produire à nouveau et peut-être de manière amplifiée.
Le défi qui nous est posé est là. Nous nous devons de répondre à nouveau clairement aux attentes populaires, en menant la bataille idéologique – contre l’Europe du capital et ses conséquences, contre les logiques capitalistes et celles d’exclusion qui se nourrissent mutuellement – et nous sommes à nouveau capables d’incarner une espérance collective, celle de l’espoir d’une société enfin débarrassée de l’exploitation capitaliste qui broie les hommes, exacerbe les haines et attise les peurs. Ces batailles idéologiques doivent aussi être prolongées et nourries par des batailles quotidiennes, aux côtés des populations, face au patronat, aux directives européennes et aux projets gouvernementaux, lorsqu’ils portent le sceau des régressions sociales.
Avec vous, nous voulons relever ce défi.
C’est le sens de notre engagement d’aujourd’hui et de demain comme celui de toute notre histoire.
Notre parti, le Parti Communiste Français a une longue et belle histoire, depuis sa création au congrès de Tours en 1920.
Aucune des conquêtes sociales obtenues par notre peuple n’aurait pu l’être si ses militants n’avaient donné comme ils l’ont fait, de leur temps, de leur énergie, pour rassembler notre peuple et contribué, comme en 1936, à la Libération, en 1968 … aux conquêtes sociales que patronat et partis à son service s’évertuent à détricoter depuis des années… (D. Kessler…)
Nous sommes fiers de cette histoire et de cet héritage – celui qui prolonge les combats des révolutionnaires de 1789 et de tous ceux qui, dès le XIXe siècle ont constitué peu à peu les organisations du mouvement ouvrier, qui lui ont donné un corpus théorique – autour notamment des idées de Marx et d’Engels – et avec l’expérience historique formidable – malgré sa défaite – que fut celle des Communards.
Depuis sa création, jamais notre parti n’a porté atteinte aux libertés dans ce pays, c’est notre honneur, ce qui explique, contrairement à tous les autres courants politiques, que nous n’avons pas changé de nom … Ses militants ont payé souvent le prix fort de leur engagement contre l’occupation nazie (le « parti des fusillés » n’était pas une expression usurpée), contre les guerres coloniales (souvenons-nous de Charonne ou de nos camarades torturés comme Maurice Audin ou Henri Alleg), ou quotidiennement pour des conditions de travail dignes ou une vie meilleure dans nos villages ou quartiers.
Cela dit, nous sommes aujourd’hui à la croisée des chemins.
Nous perdons à nouveau des élus lors de cette élection, et ce, de manière très importante, au point de mettre en péril notre implantation nationale.
Le FN est à 30% dans une ascension continue, l’abstention est à 50 %, la plupart des jeunes de 18 à 25 ans ne sont pas inscrits, plus de la moitié des sympathisants CGT n’ont pas voté …
Sauf le temps d’une élection en 2012, le Front de gauche n’est jamais parvenu à mobiliser les salariés. Cette fois-ci dans notre région, la liste « Nouveau Monde en commun » EELV-Front de gauche a perdu la moitié des voix par rapport au total des voix de la liste FDG et de la liste Onesta de 2010. On ne peut donc sérieusement parler de succès, c’est au contraire un résultat très décevant, surtout eu égard aux ambitions annoncées.
Certains de nos dirigeants pensent – mais ils le pensaient déjà il y a 10 ans ou 20 ans … – qu’il faut « changer de nom », voire créer une « nouvelle organisation », en d’autres termes, aller au bout de la « mutation » – lancée par Robert Hue il y a vingt ans de cela et en finir avec le PCF.
C’est aussi, ne nous le cachons pas, le vieux rêve de la bourgeoise et du patronat.
C’est aussi pour cela que ces derniers continuent de nous mener une guerre idéologique acharnée, dans les médias ou dans les programmes scolaires où le matraquage anticommuniste est permanent, avec la banalisation du fascisme via le concept dangereux de « totalitarisme »1 qui est omniprésent dans les programmes d’histoire au collège et au lycée.
Nous ne leur ferons pas ce cadeau de dissoudre ou d’en finir avec le PCF.
Bien au contraire !
Fiers de notre histoire, des riches enseignements qu’elle nous livre, des expériences présentes et passées, nous allons relever le défi d’un parti qui va redevenir un grand parti populaire, un grand parti utile à notre peuple, le parti du monde du travail.
Beaucoup d’entre nous ont connu ce parti, ses militants, ses élus qui faisaient que le PCF était perçu comme le parti qui fait ce qu’il dit et qui dit ce qu’il fait. Un parti qui a permis, pendant des décennies l’émergence de responsables et de militants – à tous les niveaux de responsabilité – issus du monde du travail – et pas des « politiciens professionnels » comme tous les autres partis …
Force est de constater que ce lien avec le monde du travail, avec le mouvement syndical, associatif … s’est distendu depuis une vingtaine d’années. Cela a coïncidé avec des orientations politiques qui ont privilégié des stratégies d’alliances ou l’élaboration de combinaisons ou de cartels électoraux avant toute autre chose.
En donnant à penser – et parfois avec des dirigeants qui le montraient – que nous étions un parti comme les autres, la population, le monde du travail nous a considérés – et traités – comme les autres partis.
Nous ne voulons plus de cela, ni des stratégies d’effacement du PCF. Nous devons retrouver nos fondamentaux avec notamment une analyse de classe approfondie de notre société, sous peine de disparaître.
Nous allons surmonter cette épreuve – comme à d’autres périodes sombres de notre histoire- parce que c’est la seule voie d’avenir pour notre peuple !
Nous appelons toutes les bonnes volontés à nous rejoindre, toutes celles et ceux qui ne se résignent pas à l’absence d’avenir pour notre jeunesse, tous ceux qui refusent l’alignement derrière l’Union sacrée de Valls et Hollande ou une fausse contestation du « système » incarnée par un FN qui est aussi une arme de ce « système » capitaliste mais plus dure encore en réalité contre le peuple et les travailleurs.
Nous voulons rebâtir un parti rassembleur, fraternel, qui est en toutes circonstances, au quotidien, aux côtés de celles et ceux qui souffrent, aux côtés des salariés, des populations et qui les rassemble et qui ne laisse jamais passer les mauvais coups.
Notre peuple a besoin d’un vrai parti communiste qui propose un projet et une stratégie révolutionnaires, autonome dans ses analyses et dans ses orientations et actions qui sur chaque question fasse entendre des réponses en rupture avec le capitalisme.
Non, le capitalisme mondialisé n’est pas la fin de l’histoire ! Il faut construire à nouveau une perspective d’une société débarrassée de la misère, de l’exploitation, inventer la voie vers le socialisme, dans le monde d’aujourd’hui, en étant respectueux des libertés et des droits humains.
Ceux qui cassent les salaires, la protection sociale, les conquêtes du mouvement ouvrier ici, notamment en Europe, sont les mêmes qui sont à l’origine des drames – celui quasi quotidien des réfugiés (victimes souvent des guerres provoquées par les impérialistes) ou celui des victimes quotidiennes de l’exploitation capitaliste – comme les ouvriers et ouvrières du Rana Plaza au Bangladesh. Ce sont les mêmes dirigeants, patrons de grands groupes qui saccagent aussi la planète partout, sans autre préoccupation, comme toujours, que leurs profits.
Oui, l’alternative, c’est bien le socialisme ou la barbarie capitaliste.
Jamais le monde, ni notre société n’ont produit autant de richesses, jamais les riches n’ont été aussi riches – et pourtant la majorité d’entre nous nourrit des inquiétudes pour son avenir, pour celui de ses proches, pour son emploi, ses conditions de travail, le niveau de sa pension … C’est donc cela qu’il faut changer.
Pour notre avenir, celui de la jeunesse, nous sommes prêts à mener ce combat, avec le peuple de France, qui a besoin, plus que jamais de son parti révolutionnaire, le PCF, et pas d’un énième parti ou cartel réformiste.
Les capitalistes sont organisés, alors organisons-nous aussi, nombreux, ne leur laissons pas le champ libre, ne les laissons pas faire !
C’est le sens de notre engagement. Vous pourrez compter sur le Parti Communiste Français !
1 Le totalitarisme n’a rien d’un concept historique mais c’est qui est une construction idéologique, qui est rejetée d’ailleurs dans beaucoup de pays par de nombreux historiens, notamment dans les pays anglo-saxons.
Un point de vue sur la situation politique en Corse après les élections territoriales : celui de Michel Stefani, secrétaire de la fédération du PCF de Haute-Corse
Après la victoire, par défaut, des nationalistes aux territoriales. Repris du blog de Michel Stefani (lien).
A travers toute son histoire le PCF n’a jamais abdiqué
16 décembre 2015
Après l’échec des territoriales les communistes ont devant eux l’exigence essentielle d’agir pour redonner à la gauche son sens politique en Corse comme dans tout le pays. La liste PCF FDG a été la seule, représentant en tant que telle une formation politique, à franchir la barre des 5%.
C’est un point d’appui pour redevenir audibles et crédibles de celles et ceux qui, ces trois dernières années, ont été déçus par la politique sociale-libérale de plus en plus austéritaire et par le spectacle désolant d’une accumulation désastreuse, en particulier à Bastia, d’ambitions et de postures personnelles contraires au service de l’intérêt général et d’autant plus véhémentes que la réforme institutionnelle antidémocratique décuplait les appétits de « pouvoir unique ».
Les résultats du second tour des élections territoriales montrent toute la nocivité de ce mariage catastrophique de la compétitivité low cost, de la gouvernance technocratique coupée des citoyens et de l’opportunisme de quelques-uns. Le total des voix des listes censées être de (ou à) gauche était de 46 246 voix. Trois ne seront pas admises au second tour, deux fusionneront pour n’en recueillir que 42 607 soit 3 639 voix de moins. Sur 2010, le recul de 10 056 voix s’est transformé en rejet.
La campagne de l’entre deux tour, axée sur la compétence n’a pas convaincu et nous pouvons à posteriori mesurer l’intérêt relatif d’avoir durant cinq ans ouvert (ou cautionné) des débats qui sont apparus plus ou moins en décalage avec le vécu quotidien de milliers de Corses en prise avec la précarité et le chômage, la pauvreté et la cherté de la vie, la difficulté à se loger ou à se soigner. Difficile aussi de faire abstraction des choix désastreux mettant en cause la desserte de continuité territoriale dans l’aérien et le maritime au bénéfice des low cost et par la force des choses contre la SNCM et la CMN dans le maritime et contre Air France et Air Corsica dans l’aérien.
Après 25 ans de pouvoir de droite la parenthèse de « l’Alternance » se referme laissant ainsi cinq ans plus tard une gauche en lambeaux.
La droite, lestée par un FN à 10 %, n’en tire pas avantage. Le total des voix de ce « bloc » est de 54 000 voix, plus que les nationalistes à 52 839 voix, mais il est inopérant dans ces conditions. La liste « sarkosiste » LR progresse de 5 820 voix au second tour pour obtenir 40 480 et dépasse légèrement son résultat de 2010 de 715 voix.
On ne peut que constater la progression nationaliste qui s’appuie, après un premier tour en deçà, sur un bon électoral de 15 432 voix au second tour dont on peut considérer qu’il provient pour partie du saut de 7 points de participation et de ce fait du recul de l’abstention et du rejet du modèle politique ancien incarné par les listes conduites par Paul Giacobbi et José Rossi.
16 899 abstentionnistes du premier tour ont voté au second. Pour autant l’engagement de plusieurs maires socialistes ou proches du PS qui ont fait voter nationaliste ont contribué de façon évidente à la victoire nationaliste. C’est vrai à Bonifacio, Monticello, Sisco,Ventiseri, San Martino di Lota…
L’évolution « corsiste » et même « identitaire » affirmée durant les élections départementales se traduit par un gain de 3 500 voix du nouveau maire de Bastia sur le territoire de la Communauté d’agglomération (CAB). Inversement, la défaite de la gauche à Bastia a été déterminante dans ce résultat et ceux qui l’ont trahie portent désormais cette lourde responsabilité d’avoir également facilité la conquête du pouvoir régional par les nationalistes.
Par rapport aux résultats de 2010 la progression de 1 456 voix sur la région reste minime les nationalistes séparément faisaient au second tour un total de 51 383 voix. On note même un recul de 2 920 voix sur la Corse du Sud. Autrement dit un électeur sur trois a voté nationaliste, il est donc exagéré d’affirmer que cette victoire est celle du peuple corse. Elle n’est que celle des nationalistes.
Si la droite en Corse du Sud a su surmonter des divisions affligeantes post départementales, en Haute Corse elle a continué délicieusement à régler ses comptes post sénatoriales. Nolens volens Gilles Siméoni arrive en tête à Borgo, Lucciana, ou selon certains propos Paul Giacobbi devait occuper cette place. Certains s’offusquaient dans ce cas mais acquiescent aujourd’hui en expliquant que l’inverse est justifié. D’autres communes Ville de Pietrabugno, St Florent, Rogliano… ont placé la liste nationaliste en tête.
Contrairement à l’élection de 2010, 5 600 électrices et électeurs (2 600 en Corse du Sud 3 000 en Haute Corse) ont, au premier tour, fait un autre choix que celui du PCF FDG. Ce n’est pas anodin, il s’agit bien d’une sanction qui correspond à ce que nous entendions très souvent avant le premier tour : la question sociale a été trop oubliée dans cette mandature focalisée sur la réforme institutionnelle. Cette sanction s’est répétée au second tour en incluant d’autres critères notamment ceux liés aux instructions judiciaires en cours qui touchent Paul Giacobbi et son entourage.
Les schémas politiques anciens ont été rejetés à plus forte raison quand ils sont interprétés comme les symboles dépassés d’une perpétuation filiale assise sur les vieux clans et des pratiques qui heurtent les aspirations démocratiques et l’éthique politique. Paradoxe s’il en est on peut souligner ici que la politique de père en fils est devenue une qualité pour celui qui est appelé à gouverner la Corse à présent. L’avenir dira si cette consécration est celle d’un clan ou pas.
Cependant nous ne pouvons limiter l’analyse à cela comme à la seule politique de la CTC. La crise est passée par là et la politique du gouvernement Valls plus encore. Election après élection celles et ceux qui ont cru aux engagements de François Hollande ont vu leurs espoirs de vivre mieux s’effacer au fur et à mesure des ses renoncements et de sa connivence avec le MEDEF.
Dans ce contexte, la majorité régionale de 2010 n’est pas apparue comme le fer de lance de la résistance à cette politique gouvernementale désastreuse. Son chef de file d’ailleurs n’a jamais fait défaut à la majorité gouvernementale. Budgets, Pacte de responsabilité, loi NOTRe, loi Macron, alignement sur la politique européenne… Paul Giacobbi a tout voté.
Cela a eu un impact électoral même si à l’Assemblée de Corse les élus communistes FDG ont combattu seuls les choix libéraux de l’Exécutif dans les transports, la déclinaison des politiques européennes, la réforme institutionnelle et la collectivité unique avec en toile de fond le statut fiscal, le statut de résident, la corsisation de l’emploi, la compagnie régionale maritime et enfin la Casse de la SNCM et le retrait programmé d’Air France.
Au sortir de ce scrutin dans le rapport de force tel qu’il est établi que faut-il faire ?
Le devoir d’innovation consiste à relever le défi de la bataille idéologique face au programme de « l’anti France » prôné par les nationalistes, derrière lequel pointe des mesures économiques, fiscales et sociales parfaitement libérales et certaines carrément contraires aux principes républicains d’égalité de droit pour les citoyens et de laïcité comme le statut de résident et son corollaire le droit du sang.
La question du rassemblement, pour enclencher une dynamique d’espoir, doit être travaillée avec l’objectif premier de construire du neuf à gauche et d’imposer une alternative politique fondée sur la promotion du service public et la transition écologique, la solidarité nationale et le progrès social. Dans ce cadre le maintien de l’égalité de droit des citoyens et la justice sociale seront intimement liée au développement économique et à la justice fiscale.
Cette démarche s’adresse aux acteurs du monde associatifs, du mouvement social, aux femmes et aux hommes de gauche, aux progressistes et aux républicains. Les prochaines semaines seront décisives, d’autant plus pour les communistes, qu’ils vont engager la préparation de leur Congrès.
A travers toute son histoire le PCF n’a jamais abdiqué, il a pu se tromper, faire des erreurs mais sa démarche est constante et claire, ses militants intègres et déterminés. Dans l’immédiat les communistes devront tirer les enseignements de cette élection pour appréhender au mieux la situation politique nouvelle qui en découle. « A Corsica in cumunu » résume bien le choix qui est le leur de construire un monde meilleur, celui de « l’Humain d’abord ».
Michel STEFANI


